L'industrie au centre du grand emprunt

E.M. avec AFP

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Les discussions autour des projets financés par le grand emprunt continuent, alors que les deux présidents de la commission sur le sujet, Michel Rocard et Alain Juppé, doivent rendre leur copie à la fin du mois.

Le Groupe des fédérations industrielles (GFI) a annoncé jeudi avoir proposé que le grand emprunt participe à cinq programmes industriels, dont le financement, estimé à 23 milliards d'euros, se ferait à travers des partenariats public-privé.

"Il faut absolument que l'industrie française retrouve le chemin de la grande stratégie industrielle, permettant par un partenariat construit entre les pouvoirs publics et les secteurs industriels, de préparer les grands choix techniques, technologiques et industriels des dix années à venir", a déclaré le président du GFI, Yvon Jacob, lors d'une conférence de presse.

Auditionné mercredi par Alain Juppé, Yvon Jaocb a ajouté qu'on ne pouvait "concevoir une stratégie industrielle que dans le cadre d'un partenariat extrêmement fort" entre l'Etat et les entreprises industrielles.

Cinq programmes

Le président du GFI a présenté cinq programmes, établis en fonction de quatre critères: "la cohérence avec les besoins sociétaux, leur effet d'entraînement sur l'ensemble de l'économie, leur caractère stratégique d'avenir et leur contribution à une croissance" dite "durable" ou "verte".

Ces programmes visent à "faciliter et accélérer les transferts de recherche et développement dans l'industrie", "stimuler la croissance verte", "dynamiser la numérisation de la société française". Les deux derniers programmes concernent la création "d'infrastructures avancées" dans le transport d'énergies et le transport multimodal, ainsi que la mise en place d'un fonds de garantie de l'Etat pour renforcer les fonds propres des PME et entreprises de taille intermédiaire.

23 milliards d'euros

"Au total, nous avons évalué ces différentes propositions à 23 milliards d'euros", a indiqué Yvon Jacob.

"Ces investissements doivent être réalisés en commun (par l'Etat et les entreprises industrielles, ndlr), donc il faut que la gouvernance des projets retenus soit aussi commune", a-t-il plaidé.