La vente de Porsche à Volkswagen serait imminente

Guillaume Guichard

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La guerre des clans servant d'arrière-fond au rapprochement entre Porsche et Volkswagen serait sur le point de prendre fin. Toutes les conditions sont réunies pour qu'un accord soit signé lors des conseils d'administrations distincts des deux sociétés qui se tiendront le 23 juillet.

"Je pense que tous les détails seront résolus dans la semaine", a déclaré Wendelin Wiedeking, directeur exécutif de Porsche, lors d'un entretien accordé à Bloomberg TV. Même son de cloche du côté du Premier ministre de la région de Basse Saxe, actionnaire à hauteur de 20% de Volkswagen. La bataille de pouvoir entre les deux constructeurs semble être "finie", a-t-il déclaré jeudi.

Tant mieux pour Porsche, car le temps lui est compté: le fabricant de voitures de sport de luxe traine une dette de plus de 10 milliards d'euros. D'abord, son raid boursier raté sur Volkswagen l'a plombé de 9 milliards d'euros de dette (pour une capitalisation d'un peu plus de 6 milliards d'euros). Puis cette ardoise s'est alourdie en avril à cause du paiement de diverses taxes sur les profits réalisés par le groupe sur les marchés en 2008.

Augmentation de capital

Pour le constructeur de voitures de sport, la priorité dans le cadre de cette fusion est donnée à la réduction de sa dette. D'après des sources proches des négociations citées par le Financial Times, l'objectif est de réduire "autant que possible" l'endettement à travers la vente de 50% du capital de Porsche à Volkswagen, couplée à une augmentation de capitale de 5 milliards d'euros. Cette opération serait réalisée via un investissement supplémentaire des familles actionnaires et par l'entrée au capital du fond d'investissement Qatar Investment Authority (QIA). "Toutes les solutions sont encore à l'étude et aucune décision n'a été prise", a cependant précisé une source proche des actionnaires citée par le Financial Times.

Dettes

Les interrogations portent surtout sur la place qu'occupera le nouvel actionnaire qatari. Wolfgang Porsche, président de Porsche, veut céder une partie du capital à QIA. En revanche, Ferdinand Piëch, à la tête de Volkswagen et un des grands actionnaires de Porsche, préfèrerait vendre seulement à Volkswagen. Pour sa part, l'Etat de Basse Saxe n'est pas hostile à l'entrée de QIA au capital du nouvel ensemble comme troisième actionnaire de référence.

Reste que Porsche, pressé de rembourser sa dette, risque de ne pas pouvoir peser de tout son poids dans les négociations. Le constructeur va devoir rembourser rapidement 640 millions d'euros puis 700 millions d'euros en septembre. Ce qui s'appelle avoir le couteau sous la gorge.