"Le G20, c'est un peu haro sur le baudet"

Propos recueillis par Guillaume Guichard

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Verbatim - Alexandre Delaigue est économiste et blogueur à Econoclaste, enseignant aux l'Ecoles spéciales militaires Saint Cyr Coëtquidan. Il revient pour E24 sur les déclarations du G20.

"Un des seuls points positifs qui se dégage du G20, selon moi, c'est que le FMI a retrouvé toute sa légitimité et qu'il a maintenant des ressources pour faire son travail et venir en aide aux pays en difficulté.

Pour le reste, je n'attendais pas grand-chose du G20, donc je n'ai pas été vraiment déçu du résultat. Ainsi, je trouve un peu creuse la déclaration sur la réglementation financière. Pas étonnant: le G20 n'est pas le lieu pour discuter des modifications à apporter à cette réglementation très complexe alors qu'il a fallu des années pour déboucher sur le texte de Bâle 2 qui régit les obligations des banques au niveau international.

En revanche, concernant les paradis fiscaux et les hedge funds, c'est un peu "haro sur le baudet", comme dirait La Fontaine. Les grands pays s'intéressent beaucoup à ces deux sujets, mais ces derniers n'ont que très peu de rapport avec la crise actuelle!

Les responsables sont plutôt les grandes banques, qui ont distribué trop de crédits, qui ont trop conservé les risques qui y étaient attachés. Du coup elles se retrouvent insolvables… Seulement, les grands pays préfèrent agir dans leur coin, de façon opportuniste, vis-à-vis des banques: ce sont des éléments cruciaux de leur compétitivité."