Grand emprunt: entre 50 et 100 milliards d'euros

E.M. avec AFP

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Les députés de la majorité ont bien l'intention de jouer un rôle dans les débats autour du grand emprunt. 63 d'entre eux ont expliqué dans une tribune publiée lundi par Le Monde, qu'il devrait mobiliser entre 50 et 100 milliards d'euros. Loin des estimations évoquées par les deux président de la commission sur le sujet: Alain Juppé a évoqué une fourchette de 20 à 40 milliards d'euros contre 20 à 35 milliards d'euros pour Michel Rocard.

Or "nous devons pouvoir mobiliser une masse critique de plus de 50 milliards d'euros, voire, pourquoi pas, aller, si les projets le justifient, jusqu'à 100 milliards d'euros d'investissements publics supplémentaires, qui seront dépensés sur les cinq à dix ans à venir", affirment les 63 députés UMP et NC dans leur tribune.

Selon eux, "si nous n'investissons pas massivement pour prendre une option sur l'avenir, nous risquons de prendre un retard que nous mettrions plusieurs décennies à rattraper. Ce serait une erreur historique".

Ces élus, parmi lesquels David Douillet, Yves Jégo, Jean-François Lamour, Maurice Leroy, André Santini, assurent que "le grand emprunt ne doit pas devenir un petit emprunt, au moment même où l'Allemagne décide de donner la priorité à la croissance en programmant des baisses d'impôts".

Isoler les fonds du budget général

Pour eux, les fonds levés "doivent être isolés du budget général" et "ne pas servir à financer les dépenses courantes".

Alors que la dette publique doit atteindre 84% du PIB en 2010, ils estiment que ces fonds doivent être "investis selon des critères rigoureux" et "concerner des programmes rentables, susceptibles de générer des retours sur investissement sous forme de croissance, d'emploi et de développement durable, à un horizon raisonnable".

Les députés relèvent qu'"année après année, les investissements publics de l'Etat ont reculé pour s'établir à quelques milliards d'euros annuels seulement", alors que "notre pays dispose de réserves de prospérité et d'un potentiel de croissance dans des secteurs d'excellence".

Ils soulignent que "travailler sur le grand emprunt, c'est préparer la sortie de crise et l'avenir, qui se jouera sur la sélection des projets et des investissements", citant la "croissance verte", la "révolution numérique", les "grandes métropoles de premier rang mondial de demain".

La commission chargée de réfléchir aux priorités du futur "grand emprunt" doit rendre les conclusions de ses travaux à la mi-novembre.