Noyer: les banques françaises sont solides

D.H. avec AFP

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Plusieurs tests de résistance menés ces derniers mois sur les banques françaises ont confirmé leur solidité, a estimé vendredi 26 juin le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer lors de la présentation du rapport annuel de la Commission bancaire. "Les différents exercices de "stress tests' (tests de résistance, ndlr) menés ces derniers mois me paraissent de nature à confirmer l'appréciation que je porte sur la solidité des banques françaises", a expliqué le gouverneur.

Tests de résistance réguliers

Dans le cadre habituel des relations entre le régulateur, la Commission bancaire, et les banques françaises, ces dernières mènent régulièrement des tests de résistance et en communiquent les résultats à l'autorité de contrôle. Pour Christian Noyer, "cet exercice doit être utilisé régulièrement", et "nous devons en mener des différents", soit en utilisant différentes hypothèses macroéconomiques. La nomenclature des tests "est contingente à l'évolution de la situation" économique et "aux hypothèses que l'on peut utiliser", selon le gouverneur.

Scénarios macroéconomiques extrêmes

Les ministres des Finances de l'Union européenne (UE) se sont accordés, début mai, sur le principe de tests de résistance européens, menés par les régulateurs nationaux de chaque pays. Les résultats de ces tests devraient être rendus en septembre mais n'ont pas vocation à être rendus publics. Les tests de résistance consistent à soumettre chaque banque à différents scénarios macroéconomiques "extrêmes", retenant des hypothèses de forte dégradation de l'économie mondiale.

Pas peur de Natixis

"A aucun moment je n'ai considéré que Natixis présentait un risque systémique", a-t-il affirmé. Très affectée par la crise financière, notamment du fait d'une forte exposition aux Etats-Unis, Natixis a enregistré en 2008 une perte de 2,8 milliards d'euros et de 1,8 milliard supplémentaire au premier trimestre 2009. Fragilisée, la banque a dû être renflouée à trois reprises en moins d'un an par ses actionnaires, qui ont injecté plus de neuf milliards d'euros au total, dont quatre ont été apportés indirectement par l'Etat.

Natixis un peu plus lent

"Il était hors de question que Natixis dérape dès lors qu'il avait ses deux actionnaires" principaux pour la soutenir, a estimé Christian Noyer. Le gouverneur a néamoins concédé que Natixis "a été un peu plus lent que d'autres groupes à mettre en oeuvre le recentrage de ses activités". "C'est quelque chose qui est en passe d'être corrigé", a-t-il ajouté, en référence à la fusion de la Caisse d'Epargne et de la Banque Populaire, ses deux maisons mères, qui doit être définitivement finalisée fin juillet. "L'unification de la gouvernance va permettre d'accélérer le rythme de recentrage des activités", a jugé Christian Noyer, qui s'est dit "très heureux que cette opération se soit décidée".