Si je consomme sur Internet, je réduis les émissions de CO2?

Delphine Halgand

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Acheter en ligne pollue moins. C'est la conclusion du cabinet d'études Estia, spécialisé dans l'énergie et l'environnement. "Les émissions de CO2 sont divisées par 3,83 à 4,65 dans le modèle de l'e-commerce", a affirmé jeudi Bernard Paule, directeur associé du cabinet lors de la présentation de l'étude sur l'impact environnemental des achats sur Internet.

2,67 kg de CO2 par colis livré

"Le gain est de 2,67 kilogrammes de CO2 par livraison de colis", ajoute Bernard Paule qui indique que rapporté aux 300 millions de livraisons réalisées en 2008 par Coliposte et Kiala en France, cela correspond à 768.000 tonnes de CO2 sur un an. "Ce chiffre gigantesque correspond à la quantité de carbone que pourrait stocker une forêt de 126.000 hectares au cours de sa croissance annuelle", peut-on lire dans l'étude.

Déplacements

L'impact environnemental global (prise en compte de la santé et de la qualité des écosystèmes) est lui divisé par 3,55 pour le commerce en ligne. Les impacts liés aux déplacements, aux emballages et aux connexions Internet ont été pris en compte pour établir ce bilan. C'est sur les déplacements que la réduction d'émissions de CO2 est la plus flagrante étant donné que seuls 18% des achats effectués sur internet ont nécessité un déplacement de l'acheteur. "Si on considère qu'en une tournée, La Poste peut livrer 100 colis, c'est donc 82 déplacements de clients qui ont été évité", commente Bernard Paule. Les ressources énergétiques non utilisées pour ces déplacements peuvent répondre au besoin annuel en chauffage de 625.000 personnes, soit la population de la Charente Maritime, indique l'expert.

Emballages et connexion internet

L'emballage utilisé pour les colis d'achats en ligne équivaut en moyenne à 80 grammes de CO2 par kilo de colis, soit une moyenne par colis de 136 grammes de CO2. Bernard Paule tient à relativiser ce chiffre en considérant que le trajet d'un produit fabriqué à Nanjing en Chine jusqu'à un dépôt en région parisienne correspond à près de 500 grammes de CO2. Pour finir, l'impact environnemental de la connexion serait quasi-nul, pour Bernard Paule, puisque 10 minutes sur internet correspondent à 3,1 grammes de C02.

Discussions sur la taxe carbone

La Fevad compte pouvoir utiliser ces données dans ses discussions sur la taxe carbone avec le gouvernement pour faire valoir que les produits achetés sur Internet pourraient être moins taxés que les produits achetés dans les réseaux traditionnels.