La Suède milite pour une taxe carbone européenne

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Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui prendra la présidence de l'Union européenne (UE) le 1er juillet, va recommander aux autres pays européens d'instaurer une taxe sur les émissions de carbone afin de tenir leurs objectifs de réduction des émissions malgré la crise. Soulignant que la Suède avait instauré dès 1991 une telle taxe sur la tonne de CO2 émise, il a estimé que c'était "de fait la mesure que l'on a prise qui s'est avérée la plus efficace".

M. Reinfeldt, qui présentait les priorités de sa présidence, n'a pas précisé le montant de cette taxe, mais il a souligné qu'elle allait sans doute être réévaluée en Suède. "Cela fixe un prix sur les émissions de carbone et dans une économie de marché, cela donne le signal sur ce qu'il faut réduire, et ça marche", a-t-il expliqué.

4 pays européens l'ont déjà adoptée

Il a souligné qu'une telle mesure, déjà en vigueur dans quatre pays de l'UE, était d'autant plus pertinente que la plupart des gouvernements européens se plaignent aujourd'hui, avec la crise économique, de "manquer de ressources budgétaires pour tenir leurs obligations en matière de climat". Toute autre mesure de réduction des émissions "est beaucoup plus coûteuse, requiert beaucoup plus d'investissements, et accroît la pression budgétaire, donc je pense que c'est actuellement la bonne décision à prendre", a-t-il ajouté.

C'est sous présidence suédoise que l'UE devrait finaliser sa position en vue des négociations internationales sur le climat prévues en décembre à Copenhague. Le but est d'arriver à un accord international pour enrayer le réchauffement climatique alors qu'expirent en 2012 les premiers engagements du protocole de Kyoto.

Les pays de l'UE se sont engagés dès 2007 à réduire d'au moins 20% d'ici 2020 leurs émissions par rapport à 1990. Ce qui se traduit par des objectifs chiffrés pays par pays qui ont été entérinés en décembre 2008, après d'âpres négociations.