Projet de loi vert au Congrès américain

D.H. avec AFP

— 

Un vaste projet de loi pour lutter contre le réchauffement climatique a été voté de justesse à la Chambre des Représentants, vendredi 26 juin, par 217 voix pour et 205 contre. Après des mois de pourparlers avec les représentants des Etats dépendants du charbon et du pétrole, ainsi qu'avec les élus d'Etats agricoles producteurs d'éthanol, les responsables démocrates, qui ont consenti à des compensations, sont parvenus à un accord.

Obama s'engage

Barack Obama a pesé de tout son poids dans la balance pour faire avancer le projet Waxman-Markey sur le changement climatique: "nous ne pouvons pas avoir peur de l'avenir, nous ne pouvons pas être prisonniers du passé", a-t-il affirmé. "Nous discutons de cette question depuis des dizaines d'années, maintenant il est temps d'agir", a également martelé le président américain.

La toute dernière version du projet de loi de 1.200 pages a été présentée cette semaine. Le plan vise à réduire les émissions de CO2 tout en créant des emplois verts, et en diminuant la dépendance envers les sources d'énergie étrangères, selon les objectifs énoncés par Barack Obama.

"Le monde entier attend de voir si le président Obama va se rendre à Copenhague (à la conférence de l'ONU sur le climat en décembre, ndlr) en tant que meneur de la tentative de réduire les gaz à effets de serre, tout en provoquant en même temps une révolution de l'emploi vert", a dit mercredi le démocrate Ed Markey, l'un des promoteurs du texte.

Marché de droits d'émissions

Le projet prévoit notamment la création d'un système de marché de droits d'émissions dit "cap and trade". Dans ce système, ces droits seront soit vendus, soit accordés gratuitement pour les industries les plus vulnérables. L'objectif est de parvenir à une réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 de 17% par rapport au niveau de 2005. En outre, les fournisseurs américains d'électricité devront obtenir 15% de leur production en énergie renouvelable (éolienne, biomasse, solaire, géothermique) en 2020. Mais les républicains de la Chambre et certains démocrates centristes restent opposés au "cap and trade", car ils craignent une hausse des coûts de l'énergie.

Selon une analyse de l'Agence américaine de l'environnement (EPA) rendue publique cette semaine, la mise en place du projet de loi coûtera 80 à 111 dollars par an aux ménages américains. Pour le Bureau du budget du Congrès (CBO), un organisme indépendant, ce coût sera de 175 dollars par an. Selon un sondage Washington Post-ABC publié jeudi, 75% des Américains pensent que l'Etat fédéral devrait réglementer les émissions de gaz à effet de serre. Mais ils ne sont que 52% à soutenir l'idée d'un marché de droits d'émissions. Après la Chambre, il reviendra au Sénat d'aborder la loi sur le réchauffement climatique. "Nous sommes impatients de voir ce que la Chambre va faire", a dit Harry Reid le leader de la majorité démocrate du Sénat jeudi.