Le travail dominical, un "principe de réalité"

J. Bx avec AFP

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Repoussé sine die en décembre dernier, puis de nouveau évoqué en avril par Brice Hortefeux, le ministre du Travail d'alors, la proposition de loi sur l'ouverture des commerces le dimanche sera discutée à partir du 7 juillet à l'Assemblée nationale. L'occasion pour le nouveau ministre du Travail, Xavier Darcos, d'en faire la promotion.

"Le texte a beaucoup évolué. C'est un texte nécessaire, moderne et qui correspond à l'attente d'une partie des Français", a déclaré M. Darcos sur Europe 1, considérant que "le meilleur argument" en faveur de cette réforme est "l'intérêt général, la demande des Français et même le bon sens". Et de demander: "Quel bon sens y aurait-il à ce que dans une zone touristique ou dans certaines zones commerciales à la frontière de la Belgique ou du Luxembourg, on n'ouvre pas le dimanche ?".

Notant que le projet de loi controversé porte sur des zones situées "dans de très grandes unités urbaines de plus d'un million d'habitants", le ministre du Travail a affirmé qu'"il ne s'agit pas de mettre en péril le commerce de proximité dans des villes moyennes".

"La loi rappellera que le principe du repos dominical n'est pas remis en cause mais qu'il y a des zones touristiques où il est conséquent de travailler le dimanche, plus des périmètres d'usage de consommation exceptionnelle où nous allons réguler ce qui est fait de manière anarchique", a-t-il réaffirmé.

Pour les retraites, "le principe de réalité s'impose à nous, donc il faut que nous évoluions", a dit M. Darcos, jugeant qu'il ne "serait pas raisonnable de rester complètement bloqué parce que les choses ont changé" et évoquant le déficit accru de la branche vieillesse et le vieillissement des Français.

Prendre son temps

Se présentant comme "un facilitateur" dans cette réforme, il a assuré que le gouvernement va prendre "du temps" pour en parler avec les partenaires sociaux d'ici mi-2010 et va "entendre les arguments des uns et des autres".

Globalement, le nouveau ministre des Relations sociales a expliqué avoir face à lui "des partenaires parfois difficiles, qui ont leurs idées, mais qui veulent dialoguer et voient très bien les difficultés. Les syndicats que j'ai devant moi désormais sont des grandes confédérations habituées à discuter", a-t-il ajouté, rappelant qu'"il y a un moment aussi où il faut décider".