"Le rêve américain à l'envers" selon Barack Obama

E24 avec AFP

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Le président Barack Obama a estimé que ses compatriotes vivaient une "catastrophe" économique et le "rêve américain à l'envers", après un fort recul de la croissance qui montre selon lui l'urgence d'un vaste plan de relance. "C'est une catastrophe en cours pour les familles de travailleurs américains", a-t-il dit après la publication des nouveaux chiffres du Produit intérieur brut. Le Produit intérieur brut des Etats-Unis a connu au quatrième trimestre de 2008 une baisse de 3,8% en rythme annuel, son plus fort recul depuis le premier trimestre de 1982 (-6,4%), selon des chiffres officiels. Le PIB a certes baissé moins que prévu, alors que les analystes s'attendaient à 5,4%, mais c'est le deuxième trimestre consécutif de baisse, ce qui n'était plus arrivé depuis l'automne-hiver 1990-1991.

"C'est comme le rêve américain à l'envers" a-t-il ajouté. "La récession s'aggrave, l'urgence causée par la crise économique grandit. Nous avons franchi un nouveau seuil hier: le plus grand nombre jamais enregistré d'Américains recevant des allocations chômage. Chaque jour paraît apporter son lot de licenciements, d'emplois perdus et de vies bouleversées. Nous avons perdu 2,6 millions d'emplois l'an dernier, et 2,8 millions de gens qui veulent un travail à temps plein, qui en ont besoin et qui ont dû se contenter d'un emploi à temps partiel", a-t-il dit.

Les Américains "ont besoin qu'on agisse maintenant", a dit Barack Obama, qui essaie de faire adopter par le Congrès un gigantesque plan de relance pour faire redémarrer l'économie et sauver ou créer 3 à 4 millions d'emploi, selon l'administration.

La Chambre des représentants a adopté mercredi une première version de ce plan, estimé à 819 milliards de dollars en allègements fiscaux, en investissements dans des travaux publics, en aides aux gouvernements locaux et en mesures sociales. Le Sénat devrait examiner la semaine prochaine sa propre version. Les deux chambres du Congrès, où les amis démocrates d'Obama sont majoritaires, devront ensuite s'entendre sur un texte final. Barack Obama voudrait voir le texte sur son bureau avant le 16 février pour qu'il puisse le signer et qu'il entre en vigueur. "J'espère que nous pourrons continuer à le renforcer au Sénat", a dit le président américain en parlant du plan. Il laissait ainsi la porte ouverte à la négociation avec ses adversaires républicains. Ces derniers ont tous voté contre le plan mercredi à la Chambre, malgré les efforts de M. Obama qui voudrait rallier le soutien le plus large. "Il y a une chose que nous ne pouvons pas faire: c'est traîner les pieds plus longtemps. Les Américains attendent de nous que nous agissions, et c'est précisément ce que j'ai l'intention de faire en tant que président des Etats-Unis", a-t-il dit.