Manifestation et grève chez Nortel France

Guillaume Guichard avec agences

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Après-midi agitée, vendredi, devant la tour du cabinet Ernst & Young, à la Défense, à Paris. Les salariés de l'équipementier télécom Nortel France SA, en liquidation judiciaire, protestaient contre les conditions du plan social qui leur est appliqué. Près de 200 employés sont en grève sur le site de Châteaufort (Yvelines) depuis mardi. Les salariés réclament des indemnités de départ supérieures au minimum légal dans le cadre d'un plan social associé à une liquidation judiciaire, a indiqué un responsable CFTC.

Le plan social prévoit la suppression de 480 postes sur 680 que compte le site de Nortel France SA à Châteaufort (recherche et développement, fonctions administratives et opérationnelles et vente). Une autre filiale de Nortel en France, Nortel Networks France, emploie également à Châteaufort 130 personnes, mais n'est pas concernée par la procédure judiciaire.

"Raz les pâquerettes"

"Nous refusons un plan social a minima, à raz les pâquerettes", a expliqué un élu syndical CFTC à E24. "Nous estimons que nous avons participé à la richesse de la société et nous demandons qu'un pourcentage de cette richesse soit versé aux salariés". Les négociations sont en cours à propos d'une indemnité supplémentaire qui seraient versée après la réalisation de la vente des activités internationales de Nortel, le 24 juillet prochain à New York.

Nortel France SA, filiale française de l'équipementier en communication canadien, a été placée en liquidation judiciaire le 28 mai. Le tribunal de commerce de Versailles a assorti sa décision d'une continuation d'activité en vue de revente et a fixé au 19 août la date limite de dépôt d'offres de reprise. Une nouvelle audience est prévue le 20 août. En Europe, l'administration judiciaire des activités de Nortel est assurée par Ernst & Young.

7 milliards de pertes

Au niveau mondial, le groupe canadien Nortel, qui compte 26.000 salariés dans le monde, s'est placé à la mi-janvier sous la protection des tribunaux contre ses créanciers au Canada et aux Etats-Unis dans une tentative de restructuration. Nortel a perdu 7 milliards de dollars depuis 2005.

Les clients de Nortel poussent l'équipementier à vendre ses activités technologiques. "Ils nous disent qu'ils adorent nos technologies, mais qu'ils sont inquiets à propos de notre bilan", a reconnu George Riedel, directeur stratégique de Nortel, le 29 juin dernier. Nokia Siemens a déjà fait une offre de 650 millions de dollars pour les activités 3G concernant les technologies CDMA 2000 et LTE (Long Term Evolution). Mais cette offre ne concerne pas directement les activités françaises de Nortel.

Parmi les noms d'autres repreneurs évoqués figurent Alcatel-Lucent, Thales (intéressé par les activités de réseaux de communication ferroviaires) et le chinois Huawei, qui cherche à renforcer sa présence sur le marché français.