Le Syndicat Unifié-UNSA veut bloquer la fusion Caisse d'Epargne/Banque Populaire

D.H. avec agence

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Après son adoption le mois dernier par les députés, le projet de loi sur la fusion doit être examiné par le Sénat le 8 juin. Le rapprochement, qui doit donner naissance au deuxième groupe bancaire français derrière le Crédit agricole, prévoit que les deux réseaux qui seront chapeautés par un organe central commun aux deux banques.

Bloquer le processus

Dans un communiqué, le Syndicat Unifié-UNSA indique ne pas être satisfait des promesses faites par le futur patron du groupe, François Pérol, à qui il reproche "un discours convenu, demandant aux organisations syndicales de le croire sur parole quant à la réussite de la fusion". "Le Syndicat Unifié-UNSA (...) usera de toutes les possibilités juridiques pour bloquer le processus de consultation si les dirigeants n'apportent pas d'ici là les éclaircissements demandés quant aux conséquences de la fusion", déclare le syndicat. "Le manque total de lisibilité du projet de création du second groupe bancaire français suscite les plus vives craintes en matière sociales, avec de réelles menaces sur l'emploi", ajoute le syndicat.

Exemple de Natixis

Selon la ministre de l'Economie Christine Lagarde, le nouveau groupe bancaire aura 34 millions de clients, plus de sept millions de sociétaires, 7.700 agences et près de 110.000 collaborateurs. Jeudi, le syndicat a exprimé son "extrême méfiance" en rappelant l'exemple de Natixis. Créée en 2006 par la fusion de la banque d'affaires Ixis des Caisses d'épargne et de Natexis, banque d'affaires des Banques populaires, Natixis a fait perdre beaucoup d'argent à ses deux actionnaires de référence. Avec la crise financière, Natixis a enregistré une perte nette de 1,8 milliard d'euros pour le premier trimestre de l'année, soit son quatrième trimestre consécutif dans le rouge. La semaine dernière, le syndicat CGT des Caisses d'épargne a annoncé avoir déposé plainte pour "prise illégale d'intérêt" contre François Pérol.