La baisse des heures supplémentaires continue

J. Bx avec AFP

— 

La décélération des heures supplémentaires constatée au quatrième trimestre 2008 s'est accentuée au premier trimestre 2009, selon les données du ministère de l'Emploi parues vendredi 3 juillet. Malgré les incitations fiscales, leur nombre a augmenté de seulement 1,4% sur un an dans les entreprises d'au moins 10 salariés, et a fortement baissé comparé au quatrième trimestre 2008 (-11%). Au quatrième trimestre 2008, la progression des heures supplémentaires avait été de 12,4% sur un an.

Outre un effet conjoncturel, cette "forte diminution" peut "refléter, pour partie, un moindre impact au fil du temps" du recensement "avec plus de précision" des heures supplémentaires par les entreprises depuis qu'elles se sont accompagnées fin 2007 d'allègements de cotisations, selon la Dares.

Depuis octobre 2007, les heures supplémentaires donnent droit à des allègements d'impôts pour les salariés et de cotisations sociales pour les entreprises et les salariés, une mesure phare de la présidence Sarkozy, illustrant son slogan "Travailler plus pour gagner plus". Dans les mois suivant l'entrée en vigueur de ces mesures, les entreprises ont mieux déclaré les heures supplémentaires, ce qui avait gonflé artificiellement la hausse.

8,8 heures

"D'un trimestre à l'autre, le nombre moyen d'heures supplémentaires déclarées par salarié à temps complet diminue de 11% au premier trimestre 2009", après avoir crû de 6,8% entre le troisième et le quatrième trimestre 2008, note la direction des statistiques du ministère (Dares). Au premier trimestre 2009, le nombre d'heures supplémentaires déclarées par salarié à temps complet dans les entreprises de dix salariés ou plus s'est élevé à 8,8 heures, contre 8,7 heures un an auparavant.

L'entourage de la ministre de l'Emploi Christine Lagarde a estimé vendredi que "la baisse des heures supplémentaires au premier trimestre reflète d’abord la dégradation rapide de la conjoncture liée à la crise". Elle "confirme que les exonérations sur les heures supplémentaires introduisent un élément de flexibilité sur le temps de travail limitant l’ajustement sur l’emploi en période de crise", a-t-on ajouté de même source.

659 millions d'euros

Au premier trimestre 2009, le dispositif a coûté 659 millions d'euros de manque à gagner en cotisations à la Sécurité sociale, montant compensé par l'Etat et en baisse comparé aux quatre trimestres précédents, selon des données diffusées le 20 mai par l'Acoss (banque de la Sécu). Comme les heures supplémentaires ne sont pas imposables sur le revenu, le coût total pour le budget de l'Etat de cette mesure avait été évalué à 4,4 milliards d'euros par an en régime de croisière. Pour 2009, le gouvernement avait tablé sur environ 750 millions d'heures supplémentaires, comme en 2008.