Fibre optique: l'Arcep consulte

G. G. avec AFP

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Relancer le déploiement de la fibre optique en France. C'est l'objectif de l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep), qui a annoncé mardi 8 avril le lancement d'une consultation publique sur le développement de cette technologie qui permet l'accès au très haut débit. Le gouvernement et l'autorité de régulation ont par ailleurs promis de définir d'ici mai un cadre réglementaire pour le développement de la fibre.

Jusqu'à maintenant, le déploiement de la fibre est quasiment bloqué. Les opérateurs n'arrivent pas à s'accorder à propos de la structure du futur réseau. Orange et de SFR plaident pour le mono-fibre, et Free pour le multi-fibres, en fonction du nombre de fibres amenées dans les logements. Pour l'instant, l'Arcep n'a pas tranché. Elle souhaite "donner sa chance à chacune des technologies", a déclaré son président Jean-Claude Mallet lors du lancement de la consultation.

Ce qui ne fait pas l'affaire des opérateurs, qui se plaignent depuis plusieurs mois de l'incertitude juridique sur le dossier de la fibre optique. Du coup, ils ont presque gelé leurs investissements. France Télécom n'a investi que 121 millions d'euros dans son réseau en fibre optique pour raccorder 20.000 clients en 2007-2008, restant loin de son objectif initial de 150.000 clients en 2006. De son côté, SFR se dit prêt à allouer 450 millions d'euros lorsque le cadre réglementaire sera fixé. Enfin, Iliad veut investir un milliard d'euros.

L'Arcep s'est tout de même montrée conciliante, mardi, en assurant que les déploiements déjà réalisés ne seront "pas remis en cause" par les décisions de l'autorité attendues avant l'été. Les expérimentations menées depuis décembre par les opérateurs, sous l'égide de l'Arcep, vont donc se poursuivre et seront étendues aux zones peu denses.

Il s'agit d'aller vite. Le gouvernement a un objectif de 4 millions de foyers abonnés au très haut débit en 2012, mais seulement 170.000 l'étaient fin 2008, dont 130.000 via Numericable, selon l'Arcep. La France a donc pris un certain retard sur cette technologie, alors qu'un pays comme l'Australie a lancé un vaste programme de 31 milliards de dollars pour construire un réseau à très haut débit.