Cacophonie autour de la réforme de La Poste

E24 avec AFP

— 

La réforme du statut de La Poste et l'ouverture éventuelle de son capital ne sont pas d'actualité en raison de la crise, mais le calendrier de cette réforme "demeure valable", a déclaré dimanche Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République.

Le conseiller présidentiel a annoncé, dimanche matin 2 novembre, sur Europe 1 qu'il n'était "plus question pour l'instant, dans la situation où nous nous trouvons, d'ouvrir le capital de La Poste", une affirmation immédiatement interprétée par des syndicats comme "un gel" de la réforme.

Toutefois, quelques heures plus tard, Henri Guaino a déclaré sur France Info que "rien n'est changé, le projet est à l'étude, il n'y a rien de nouveau (...) Il n'est pas question, maintenant, d'ouvrir le capital de La Poste", a-t-il affirmé en insistant sur le mot "maintenant". "C'est une question qui se posera plus tard", a repris le conseil de l'Elysée.

François Hollande a demandé dimanche soir 2 novembre à Nicolas Sarkozy d'annoncer "l'abandon (...) du projet de privatisation de La Poste", estimant que sa capitalisation devait se faire avec des "capitaux publics", dans l'émission Dimanche soir politique (France inter-I-télé-Le Monde).

Même calendrier

Interrogé sur le respect du calendrier initial préconisé par la présidence de La Poste (passage au statut de société anonyme en 2010 et ouverture du capital en 2011), le conseiller présidentiel a répondu: "pour l'instant, ce calendrier est toujours valable, sauf qu'aucune décision n'a été prise sur la manière de financer La Poste". La décision sera prise "le moment venu, il n'y a pas une urgence absolue, je pense qu'aujourd'hui il y a d'autres priorités (...) qui sont de répondre à la crise financière, aux conséquences de la crise financière sur l'économie réelle, aux conséquences sociales", a-t-il fait valoir.

Henri Guaino a rappelé qu'une commission -la commission Ailleret- avait été mise sur pied et que le gouvernement prendrait "ses décisions au vu des conclusions" de cette instance, qui doit remettre un rapport au mois de décembre.

Recherche d'un mode de financement

Ensuite, "dans les mois qui viennent", le gouvernement "décidera du montant et des modalités selon lesquelles on (assurera) le besoin de financement de La Poste", selon le conseiller présidentiel. "On verra s'il s'agit d'une ouverture du capital ou s'il y a une autre manière d'apporter des fonds propres", a-t-il dit. Henri Guaino a aussi affirmé qu'il faudra "que l'on change le statut de La Poste, ce qui est une nécessité européenne".

Interrogé par l'AFP, Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la Consommation et porte-parole du gouvernement, est allé dans le même sens que le conseiller de Nicolas Sarkozy. Il a confirmé que l'ouverture du capital de la Poste n'était "pas d'actualité". "Il n'en demeure pas moins que La Poste a besoin d'argent pour financer son développement et pour se préparer à l'ouverture de la concurrence, à l'ouverture des marchés en 2011", a-t-il déclaré.

Un commission mise en place en septembre doit rendre ses conclusions sur l'ouverture du capital de La Poste en décembre.