Rocard et Juppé vont plancher sur l'emprunt national

J. Bx avec AFP

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L'opération de communication politique autour de l'emprunt national évoqué par Nicolas Sarkozy continue. Après les propos du conseiller spécial du président, Henri Guaino, invité dimanche 5 juillet de La Tribune-BFM-Daily-motion, qui a estimé que cet emprunt public est "une question de confiance", c'est au tour d'Alain Juppé et de Michel Rocard d'apporter leur crédit en tant que grands techniciens de l'Etat. Le nouvel attelage, composé selon la recette de l'ouverture et du dépassement des clivages politiques, aura la difficile tâche de réfléchir sur les priorités d'utilisation de l'appel public à l'épargne des Français.

"Le président de la République a demandé à MM. Alain Juppé et Michel Rocard, anciens Premiers ministres, qui l'ont accepté, de présider une commission chargée de réfléchir aux priorités justifiant un effort exceptionnel d'investissement, afin de préparer l'avenir de la France", indique le communiqué de l'Elysée. "Cette commission procèdera à de larges consultations et formulera avant le 1er novembre 2009 des propositions sur le choix des priorités que le gouvernement arrêtera ensuite", précise l'Elysée indiquant que le chef de l'Etat recevra MM. Juppé et Rocard ce lundi à 19H00.

Cet emprunt a été annoncé par Nicolas Sarkozy lors de son intervention devant le Congrès du Parlement à Versailles le 22 juin. Le premier ministre François Fillon avait pris soin d'indiquer le 29 juin qu'il ne s'agissait pas d'un "deuxième plan de relance" mais de financer des "priorités" bien précises, qui seraient arrêtées en novembre.

Le chef de l'Etat avait ensuite annoncé le 1er juillet au partanaires sociaux qu'il allait charger "une commission" présidée par "deux hautes personnalités qu'(il) désignerait prochainement le soin de réfléchir à ce que doivent être les priorités nationales pour l'avenir". Michel Rocard, ancien Premier ministre de François Mitterrand de 1988 à 1991, est actuellement président de la "Conférence des experts" sur la taxe carbone. Agé de 79 ans, il avait annoncé en janvier dernier qu'il renonçait à son mandat de député européen pour prendre sa "retraite parlementaire". La nomination de ce représentant de la deuxième gauche, qui fut souvent en rivalité avec l'ex-président socialiste, est un signe hautement symbolique de la poursuite de la politique d'ouverture du chef de l'Etat .