Faire payer les toilettes en vol, une blague? Pas tant que ça.

J.S. avec AFP

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Ca s'appelle un test. On lance une idée, on attend les réactions et on avise. Petit rappel des faits: le 27 février, le patron de Ryanair, au goût affiché pour la provocation, annonce sur les ondes de la BBC qu'il envisage de

faire payer 1 livre
(1,12 euro) ses passagers pour l'usage des toilettes dans les avions de sa compagnie à bas coût. "Nous cherchons toujours des solutions pour rendre le voyage aérien moins onéreux", avait-il justifié.

Une idée qui avait suscité un tollé. Michael O'Leary aurait donc fait savoir en interne que cette annonce "n'était qu'une blague", selon Anja Seugling, responsable des ventes de Ryanair en Allemagne, au quotidien régional Ostthüringer Zeitung. Une blague? Pas tant que ça, puisque quelques heures plus tard à peine, la compagnie annonce par un communiqué que l'idée n'est pas une blague et a déjà poussé certains clients à suggérer spontanément d'autres mesures du même tonneau.

Profitant de l'énorme publicité gratuite générée par cette proposition, la compagnie propose à ses passagers de choisir eux-même quel sera le prochain "service annexe" payant sur ses vols. Jamais avare d'une provocation, elle les invite à lui soumettre "leurs idées les plus ingénieuses, loufoques et créatives", d'ici la fin du mois. L'une d'entre elles sera retenue et mise en place sur les vols de la compagnie, et son auteur sera récompensé par un prix de 1.000 euros. Parmi les "meilleures" suggestions reçues jusqu'ici, la compagnie rapporte celle de faire payer "du papier toilette avec la tête de O'Leary en motif", "25 euros pour utiliser l'issue de secours", "1 euro par masque à oxygène", ou encore "50 euros pour du personnel navigant en bikini".

La compagnie va jusqu'à illustrer ces propositions par une plaquette de sécurité fictive, conseillant aux passagers d'"insérer une livre dans la fente pour obtenir un masque à oxygène en cas de chute de pression", et de ne surtout pas en faire profiter les autres, car "ils n'ont qu'à payer pour en avoir un", et leur montrant comment utiliser leur carte bleue pour activer l'issue de secours. N'oublions pas qu'au chapitre "Il n'y a pas de petite économie", la vénérable Air France envisage de

faire payer un supplément
pour les sièges situés près des sorties - très convoités car ils laissent plus de place au passager pour allonger ses jambes.