Pas de baisse du prix du gaz

Elsa Meyer

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Le 1er octobre prochain, comme l'a annoncé le journal économique Les Echos, le prix du gaz ne baissera pas. La décision n'a pas encore été prise mais l'idée serait "de lisser les tarifs", a confirmé à l'AFP une source proche du dossier.

Ca a déjà été le cas le 1er juillet dernier. Le gouvernement a alors décidé de geler les prix du gaz alors même que le cours des hydrocarbures s'effondre depuis plusieurs mois. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), marché spécialisé en énergie, le prix du gaz naturel a chuté de 64,35% sur un an. Et de 29,50% sur les trente derniers jours.

Compte tenu de cette diminution, les tarifs gaziers auraient donc dû diminuer de 2% le mois prochain, selon la formule de calcul publiée en mars par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Les tarifs réglementés du gaz sont en effet actualisés tous les 3 mois, et doivent refléter l'évolution des prix des hydrocarbures sur les 6 derniers mois, avec un décalage d'un mois.

Or, depuis avril dernier, les prix chutent sur les marchés mais pas sur la facture des particuliers.

Eviter l'effet yoyo

Au ministère de l'Ecologie et de l'Energie, on reconnaît que ce gel des tarifs est une hypothèse de travail, tout en précisant que le dossier n'est pas totalement tranché.

Car pour le gouvernement, baisser les prix aujourd'hui reviendrait à devoir les augmenter le 1er janvier prochain, en raison de la reprise des cours du pétrole. Et pour éviter cette hausse impopulaire, les pouvoirs publics semblent préférer le statut quo. Ce que ne signifie pas que les tarifs n'augmenteront pas au 1er janvier 2010.

Du côté des associations de consommateurs, la nouvelle a du mal à passer. Pour Thierry Saniez, délégué général de l'association nationale de consommateurs CLCV (Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie), ce gel des prix, s'il est confirmé, serait "inadmissible".

"De novembre 2004 à janvier 2009, les tarifs gaziers ont explosé de 50%. On nous a expliqué que c'était normal car le prix du pétrole augmentait. Et aujourd'hui, alors que les cours diminuent, on nous dit qu'il vaut mieux ne pas baisser les prix! On ne peut pas toujours lisser à la hausse".

Une bonne nouvelle pour GDF Suez

GDF Suez, de son côté, n'a pas souhaité faire de commentaires. Mais cette information serait plutôt une bonne nouvelle pour le groupe gazier qui estime avoir subi un manque à gagner de 363 millions d’euros en France au premier trimestre 2009 du fait du niveau trop faible des tarifs réglementés du gaz naturel.

Selon l'AFP, l'entreprise espère récupérer 50% à 65% de ce manque à gagner d'ici à la fin de l'année, si les tarifs du gaz restent inchangés, grâce à la baisse de ses coûts d'approvisionnement. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.