"Sauvons les riches" demande plus d'impôts pour Vincent Bolloré

J.J. avec AFP

— 

Des militants du collectif "Sauvons les riches " se sont rendus mardi soir près d'une résidence qui appartient, selon eux, à l'homme d'affaires Vincent Bolloré, à Paris (16e), pour tenter de le convaincre de demander à être davantage imposé. Portant des T-shirts avec la légende, "la fête des voisins, immeuble en fête" et des ballons gonflables avec la même mention, une dizaine de ces militants (et autant de journalistes) ont été bloqués par les forces de l'ordre à une cinquantaine de mètres de la résidence visée, devant laquelle se trouvaient d'autre policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ils ont alors installé une table, sorti des bières et lancé en fond sonore la chanson "Viens boire un p'tit coup à la maison" avant de crier aux forces de l'ordre: "libérez Vincent Bolloré". "Notre démarche c'est d'aller au devant des riches pour essayer de les convaincre", a expliqué Manuel Domergue au nom du collectif. "Aux Etats-Unis, par exemple, quand l'ancien président George Bush a essayé de baisser les taxes des plus riches, des milliardaires s'y sont opposés au nom de certaines valeurs comme l'égalite des chances", a-t-il dit.

Manuel Domergue faisait notamment allusion à Warren Buffet qui a jugé anormal à plusieurs reprises d'être insuffisamment imposé par rapport à sa fortune, critiquant notamment un système fiscal qui serait devenu trop favorable aux riches au cours des dernières années. Pour Manuel Domergue, "Bolloré, avec cette fortune, illustre la confusion des pouvoirs: quand on a un pouvoir économique, on le transforme très rapidement en pouvoir médiatique et politique".

"Quand Bolloré, qui a besoin de l'Etat et du nouveau président de la République, a payé le voyage en yacht de Nicolas Sarkozy (...) qui a coûté, je crois, entre 200 et 300.000 euros, évidemment il n'y a pas de pacte. M. Sarkozy ne s'engage à donner aucun marché à Vincent Bolloré, mais on voit bien que c'est une arme", a-t-il poursuivi. En mai 2007, M. Bolloré s'était dit "honoré" d'accueillir sur son yacht M. Sarkozy, alors que le séjour du président élu au large de Malte à bord de ce bateau luxueux suscitait la polémique.