Bruxelles appelle les pays à se coordonner

E24 avec AFP

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Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a redit, lundi 3 novembre, son opposition à un grand plan de relance européen entraînant une dérive des déficits, tout en appelant à des mesures de soutien coordonnées entre les pays. "Je ne suis pas en faveur de ce que les Français appellent un 'plan de relance' sur un front généralisé, ni d'un 'programme conjoncturel' à l'allemande", a-t-il dit à des journalistes à son arrivée à une réunion de l'Eurogroupe qu'il préside, le forum des ministres des Finances de la zone euro, à Bruxelles.

"Je suis favorable au rassemblement de mesures ciblant un certain nombre de secteurs", a poursuivi Jean-Claude Juncker, insistant sur le fait que "ceci doit être coordonné autant que possible au niveau de l'Europe".

Plus tôt dans la journée la Commission européenne a appelé les pays de l'UE à coordonner leurs actions nationales face à la crise et défendu un "renforcement de la surveillance économique de la zone euro", sans aller toutefois jusqu'à soutenir l'idée française de sommets réguliers. Face au risque de récession grandissant pour l'Europe, le commissaire aux Affaires économiques Joaquin Almunia s'est dit "convaincu qu'il faut une action commune", en présentant les dernières prévisions de ses services, très sombres, pour l'économie européenne à l'horizon 2010.

Efficacité

Vu les "limites des possibilités de l'action européenne, notamment en matière de financement des investissements", "des actions nationales sont nécessaires", a-t-il souligné devant la presse. "Elles sont beaucoup plus efficaces quand elles sont coordonnées avec une discussion commune" sur d'éventuelles mesures en matière "d'investissement, de politique budgétaire ou de réforme structurelle", a ajouté le commissaire, juste avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro où ces questions devraient être discutées.

Interrogé par ailleurs sur l'idée du président Nicolas Sarkozy de créer un gouvernement économique de la zone euro via des réunions régulières de ses pays membres au niveau des chefs d'Etat - et non plus seulement au niveau des ministres des Finances - Joaquin Almunia ne s'y est pas opposé. "Je crois qu'on est conscient - et j'espère le confirmer aujourd'hui à la réunion de l'Eurogroupe - que l'application de décisions de politique budgétaire et de politique économique en général (...) exige un renforcement de la surveillance économique au niveau de l'eurozone plus grande que par le passé", a-t-il dit.

Conséquences

Le commissaire aux Affaires économiques a aussi souligné qu'on n'avait "pas considéré suffisamment" jusqu'ici "les conséquences pour la zone euro" de certaines divergences entre les pays membres, notamment en termes de croissance. Mais il n'a pas dit clairement s'il était ou non en faveur des réunions régulières au sommet de la zone euro, comme celles qu'a préconisées Nicolas Sarkozy.