2009, année noire pour les économies des pays riches

Thibaud Vadjoux avec AFP

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Le produit intérieur brut, indicateur de la croissance, reculera de -0,3% en 2009 dans les pays OCDE. Selon, les prévisions de l'organisation réunissant les pays riches de la planète, la récession frappera les Etats-Unis avec une baisse de 0,9% du PIB contre +1.4% attendu en 2008. L'activité dans la zone euro décroît aussi avec une baisse de 0,5% du PIB contre 1,1% en 2008. Le FMI a annoncé une prévision similaire. Eurostat, le service européen de statistiques, doit donner le coup de grâce vendredi 14 novembre. Le Japon est un peu plus solide, avec un recul du PIB prévu de -0,1% en 2009.

La récession devrait entraîner une hausse du chômage dans les pays OCDE. Le taux de chômage risque de passer de 5,9% en 2008 à 6,9% l'année prochaine puis 7,2% en 2010. La hausse sera particulièrement marquée dans la zone euro avec 8,6% en 2009 puis 9% en 2010. Aux Etats-Unis, la hausse sera plus faible. Il passera de 5,7% à 7,3% entre 2008 et 2009.

2008: dernière année de croissance

Même si, sur cette année, la croissance sera toujours dans le vert dans les pays OCDE (+1,4%), les derniers trimestres de l'année marquent l'entrée en récession de la zone euro selon les dernières prévisions de la Commission européenne. L'Allemagne , moteur de l'Europe, est déjà entrée en récession, accusant deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. La France échappe de peu à la récession avec une croissance de 0,14% au troisème trimestre 2008. Le deuxième trimestre avait marqué un recul de 0,3% et le premier trimestre une petite croissance de 0,4%. Mais le déficit publics va se creuser fortement.

Pour tous les pays OCDE, l'année 2009 verra la crise s'installer. La reprise est attendue en 2010 (+1,5%).

Forte baisse des prix de l'immobilier en Europe

"Pour 2010, des risques importants demeurent mais ils sont distribués plus équitablement avec la possibilité d'une reprise économique commençant relativement tôt", indique le rapport.

Un facteur important du retour à la croissance sera l'ajustement en cours sur les marchés immobiliers. "Dans de nombreux pays européens, et sur la base des cycles précédents dans ce secteur, l'ajustement va encore durer longtemps", souligne l'OCDE. Une forte baisse des prix de l'immobilier est attendue, la baisse est déjà enclenchée en France. La baisse du prix des matières premières va aussi participer au reflux de l'inflation de 3,4% en 2008 à 1,4% en 2009 dans les pays de la zone euro qui a connu un pic l'été 2008. L'augmentation du revenu réel des ménages résultant de cette baisse des prix soutiendra un retour de la croissance. Les revenus vont passer progressivement à 1,7% en 2009 et 1,5% en 2010 après 3,3% en 2008 dans les pays OCDE.

Retour dans le vert en 2010

"La politique budgétaire a un rôle à jouer" et les pays qui disposent de marge de manoeuvre budgétaire doivent l'utiliser avec notamment des baisses d'impôts en direction des ménages victimes du resserrement des conditions de crédit, conseille l'OCDE. Mais l'organisation appelle à de nouvelles mesures de stimulation macroéconomique et souligne que les instruments classiques de politique monétaire ont perdu de leur efficacité dans les conditions actuelles de fortes tensions financières. Les taux directeurs des banques centrales aux Etats-Unis et au Japon sont aussi déjà très bas.

Une nouvelle architecture financière

"La situation de crise financière extrême qui est celle depuis la mi-septembre devrait être de courte durée mais sera suivie par une période prolongée de turbulences financières jusqu'à la fin 2009 avec une normalisation graduelle ensuite", indique les économistes de l'OCDE. Parmi les facteurs d'incertitude, figurent le risque de nouvelles faillites d'institutions financières. Le délai de retour à la normale des conditions financières pèse sur la croissance de nombreux pays. Les pays émergents pourraient aussi être plus durement touchés qu'anticipé par le ralentissement du commerce mondial.

L'organisation appelle également à une réforme de "l'architecture financière mondiale" tout en appelant à "résister aux pressions visant à faire revenir en arrière l'économie de marché". Elle souligne que des efforts particuliers devront être faits pour améliorer la régulation et la surveillance, les dispositifs jusqu'ici en place "ayant créé des incitations à une prise de risque excessive et conduit les institutions financières à augmenter leur endettement dans des conditions non-transparentes jusqu'à des niveaux qui se sont révélés insoutenables".