Gaz: coupure de chauffage et arrêt des usines

Thibaud Vadjoux avec AFP

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La première réunion sur la crise du gaz s'est ouverte, jeudi 8 janvier, à Bruxelles avec un début de solution. Les négociations entre la Commission européenne et les compagnies Naftogaz (Ukraine) et Gazprom (Russie), doivent permettre une sortie de crise par l'envoi d'observateurs internationaux pour contrôler le transit du gaz russe. Kiev est accusé par Moscou de siphonner ses livraisons. Le présence d'obervateurs en Ukraine permettra "la reprise immédiate" des livraisons , a assuré le président de Gazprom, Alexeï Miller. Or, selon la Commission, l'envoi d'observateurs prendra deux à trois jours.

Le temps presse car, depuis deux jours, au moins 11 pays européens pâtissent d'un arrêt des livraisons de gaz, en plein hiver. Hier, mercredi 7 janvier, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine a officiellement déclaré que le gaz fourni par Gazprom était coupé vers l'Ukraine et donc vers l'Europe. Certains pays d'Europe de l'Est sont paralysés.

La Bulgarie qui importe 90% de son gaz à la Russie, tourne au ralenti. Les grandes usines (72 sites) sont à l'arrêt. 153 autres sites ont vu leur approvisionnement en gaz fortement réduit. Plus grave encore, les hôpitaux n'assurent plus que les opérations d'urgence. Dans les salles de classe, la température est inférieure à 18 degrés. Les transports en commun ne sont plus chauffés, sauf pendant les heures de pointe. Seule solution pour le gouvernement: remettre en fonctionnement des centrales au mazout très polluantes. Pour l'instant, les centrales nucléaires jugées dangereuses par l'Union européenne, ne sont pas remises en service.

A Sarajevo, en Bosnie (100% d'importation du gaz russe), environ 72.500 ménages, comptant pour un tiers de la population de la ville, sont sans chauffage pour le troisième jour consécutif. La mairie a ordonné l'achat de charbon et de bois de chauffage qui seront distribués aux foyers les plus touchés au cas où l'approvisionnement en gaz ne serait pas rétabli dans les 48 heures.

En France, les livraisons de gaz russe ont baissé de 70%. GDF se retrouve amputé de 15% de ses approvisionnements alors que la consommation en gaz a atteint un record historique en raison de la vague de froid. 145.000 mégawatts (MW) de gaz ont été consommés, soit 40 % de plus que l'année précédente le même jour. Mais les membres du gouvernement et GDF Suez se veulent rassurants. Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, assure que le groupe dispose "de stocks qui représentent plus de 80 jours de consommation normale". Invité hier à la radio BFM, le patron assure que le groupe fait tout pour trouver d'autres approvisionnements.

La Norvège, troisième exportateur mondial et deuxième en Europe, tire pleinement profit du conflit gazier. Ses exportations de gaz ont atteint un record de 342 millions de mètres cubes livrés en 24 heures contre environ 300 millions habituellement selon l'opérateur public norvégien Gassco. La France a augmenté ses commandes à la Norvège, son principal fournisseur (32% des importations)