Gaz: la Russie refuse de relancer les livraisons

E24 avec AFP

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Les livraisons de gaz ne reprendront pas rapidement entre la Russie et l'Europe. L'Union européenne a eu beau hausser le ton, elle a échoué à trouver un accord avec l'Ukraine et la Russie, jeudi 8 janvier à Bruxelles. Les exigences de Moscou ont été inacceptables par Kiev.

Les négociateurs ont pourtant pensé un moment tenir la clé de la reprise des livraisons vers l'Europe coupées depuis mercredi. En effet, l'Ukraine avait donné son feu vert à l'envoi d'observateurs européens sur les gazoducs afin de vérifier le bon transit des livraisons russes via l'Ukraine. Moscou accusait en effet l'Ukraine de "voler" une partie du gaz à destination de l'UE.

Le blocage est en fait venu de la Russie qui a refusé de donner son accord à la reprise des livraisons, a indiqué le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs. Après une rencontre avec le président de Gazprom, Alexeï Miller, le commissaire a déclaré qu'il "n'y avait pas eu d'accord sur la date de leur reprise". Le ministre tchèque de l'Energie Martin Riman, dont le pays préside l'UE et qui participait aux discussions, s'est dit "déçu par cette position de la Russie", estimant qu'elle n'avait "aucune raison" de "ne pas reprendre les livraisons", a-t-il estimé. Il a présenté en revanche l'Ukraine comme ayant fait preuve de "bonne volonté".

La Russie a refusé de reprendre les livraisons car elle exigeait que "des observateurs russes" fassent partie des observateurs envoyés en Ukraine, selon le commissaire Piebalgs. Mais "cette question va je pense au-delà du mandat" de l'Union européenne, "il s'agit d'une question bilatérale entre l'Ukraine et la Russie" et cela doit être accepté de manière "bilatérale", a estimé Martin Riman.

Les deux parties se sont renvoyé la responsabilité de l'échec. Le patron de Gazprom a estimé que c'était l'Ukraine qui avait "fait échouer la signature" d'un accord. De son côté, un responsable de la délégation ukrainienne auprès de l'UE a jugé "inacceptables" les exigences russes, accusant Moscou de "faire dérailler les négociations".

L'UE va donc devoir "poursuivre les contacts" avec les deux parties, elle qui voulait s'immiscer le moins possible dans leur conflit, a déclaré le commissaire Piebalgs. D'autre part, une douzaine d'observateurs européens partiront quand même pour l'Ukraine dès vendredi, même si leur utilité sera limitée tant qu'aucun gaz ne sera envoyé par Gazprom.

Pour tenter de débloquer la situation, plusieurs initiatives sont au programme. Le groupe de coordination européen sur le gaz, qui réunit des experts des 27 pays de l'UE, doit se retrouver vendredi à Bruxelles, avec des représentants de Naftogaz et Gazprom. Et une réunion extraordinaire des ministres européens de l'Energie est prévue lundi à Bruxelles. Les Européens devraient examiner les mécanismes de solidarité qu'ils pourraient faire jouer pour aider les pays les plus durement touchés -en pleine vague de froid- par l'arrêt des livraisons russes.