Bruxelles ne veut pas plus de relance

D.H. avec AFP

— 

La Commission européenne a mis en garde lundi 6 juillet contre la poursuite sans fin de mesures de relance dans l'UE compte tenu de l'ampleur des déficits publics, au moment où la France prépare le lancement d'un vaste emprunt d'Etat visant à stimuler les dépenses d'investissement. Interrogé par la presse sur le point de savoir s'il fallait de nouvelles mesures de relance, le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, a répondu "non", en arrivant à une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

Regagner la confiance des acteurs économiques

L'Espagnol a estimé que l'heure n'était "pas aux mesures de stimulation" de l'économie "mais à l'assainissement du système financier" pour regagner la confiance des acteurs économiques, ainsi qu'à la "consolidation" pour réduire les déséquilibres.

Revenir à des finances publiques saines

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a abondé dans ce sens, lors d'une conférence de presse séparée. "Je ne pense pas que la solution soit de continuer indéfiniment les politiques d'expansion" économique, a-t-il dit. "La solution est de revenir le plus vite possible à des finances publiques saines" et à une politique budgétaire "soutenable" sur le moyen terme.

Deux écoles

Si les pays européens sont d'accord pour dire qu'il sera important, le jour venu, de réduire les déficits induits par la pire crise économique qu'ait connue le continent depuis 1945, ils se gardent bien de dire quand ils commenceront à le faire. Deux écoles semblent s'opposer. D'un côté, des pays comme la Suède, qui vient de prendre la présidence tournante de l'Union européenne et qui prône un retour aussi rapide que possible à la discipline budgétaire pour ramener la confiance, via une baisse des dépenses, une hausse des impôts ou une combinaison des deux.

Rigueur prématurée

De l'autre, des Etats comme la France, qui estiment qu'une rigueur prématurée risquerait d'aggraver encore la récession. Le président français Nicolas Sarkozy vient ainsi d'annoncer le lancement d'un vaste emprunt national, début 2010. Et ce alors que les comptes publics de la France s'enfoncent déjà dangereusement dans le rouge. Paris table sur un déficit public compris entre 7 et 7,5% tant en 2009 qu'en 2010.

Dépenses d'investissement

Le ministre français du Budget, Eric Woerth, a réaffirmé lundi que les fonds ainsi dégagés ne financeraient que des "dépenses d'investissement" rentables pour les générations futures, et en aucun cas les dépenses courantes de l'Etat. "Comment faire pour assainir les finances publiques après la crise? La France dit: il faut investir. Mme (Angela) Merkel (la chancelière allemande) dit: il faut baisser les impôts. Tout le monde a compris qu'en sacrifiant l'investissement et en augmentant les impôts on ne ferait que creuser davantage les déficits", a aussi souligné l'un des principaux conseillers du président Sarkozy, Henri Guaino, dans une interview au quotidien Les Echos.

Fixer des objectifs

La chancelière allemande a promis des baisses d'impôts importantes en vue des élections législatives qui se tiennent dans son pays fin septembre. Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a insisté lundi à son arrivée à la réunion avec ses collègues sur la nécessaire "coordination" entre pays. "On va essayer de voir s'il y a un moyen de mettre tout le monde un peu sur la même ligne, c'est-à-dire continuer cette année et l'année prochaine certaines mesures de relance et, au-delà, se fixer des objectifs clairs de retour à l'équilibre", a-t-il dit.