La musique en ligne n'assure pas

Guillaume Guichard

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La tendance est lourde et dure même depuis 2002. Le marché de la musique a continué sa chute libre sur les six premiers mois de l'année 2009. Les ventes de disque et de musique en ligne ont reculé de 17,8%, à 229,2 millions d'euros, selon les chiffres du Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) présentés mercredi. Concrètement, "le marché de la musique enregistrée a perdu un peu plus de 50 millions d'euros au cours de ce semestre", illustre le SNEP dans son rapport semestriel.

"C'est l'effondrement des téléchargements mobiles sur la période (-51%, à 9,8 millions d'euros) qui a plombé le marché du numérique", selon Christophe Lameignère, président du SNEP. "Mais si ce marché ne décolle pas, c'est aussi en partie à cause des atermoiements sur Hadopi, qui ont donné un regain de vivacité aux pirates".

Ce brusque ralentissement de la croissance du numérique compense moins que jamais la chute ininterrompue du marché des supports physiques (CD). Les ventes ont dégringolé de 21% sur les six premiers mois de l'année. Tous les répertoires sont touchés. Les variétés française et internationale ont par exemple respectivement reculé de 23% et de 17%.

La France est un des marchés qui a le plus perdu en passant du CD au MP3, selon le SNEP. Le taux de substitution du physique au numérique est de seulement 19% dans l'Hexagone, contre 42% aux Etats-Unis et… 75% au Japon.

La faute au piratage

Signe de ces temps de crise, "les producteurs n'ont jamais signé aussi peu de contrats avec les artistes", déplore Christophe Lameignère. Pour la première fois, le nombre total d'artistes sous contrat a même baissé (-12).

Au total, si l'on compare les ventes du 1er semestre 2009 à celles du 1er semestre 2002, "le marché (…) de la musique enregistré a été divisé par 2,5 (de 577 millions d'euros en 2002 à 229 millions en 2009)", écrit le SNEP. En cause: le piratage sur Internet. "Notre offre légale fait toujours face à la concurrence déloyale des échanges illégaux de fichiers musicaux en ligne", analyse Christophe Lameignère.

Seule lueur d'espoir pour cette industrie sinistrée, le vote et la mise en application prochaine de la loi Hadopi. Le vote solennel sur le volet répressif de la loi baptisé Hadopi 2, devrait avoir lieu le 15 septembre et la mise en application, espère le SNEP, devrait survenir en décembre ou janvier.