Dassault Aviation utilise le chômage partiel

A.-S. G.

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Dassault Aviation à l'heure des mesures sociales. Le groupe d'aéronautique a convoqué un comité central d'entreprise extraordinaire pour informer les salariés des mesures qu'il compte prendre pour faire face à la chute de ses commandes.

Comme les constructeurs automobiles, Dassault compte sur le chômage partiel pour réduire les coûts et adapter sa production. Il avait déjà annoncé que les embauches étaient gelées et le recours aux intérimaires suspendu.

"Depuis la fin des années 80, début des années 90, lors de la crise de l'aéronautique, Dassault Aviation n'a jamais eu à prendre des mesures sociales de ce type", explique un acteur du secteur. Mais le groupe est dans une situation délicate: ses jets privés, les Falcon, ne trouvent plus preneur dans une crise économique mondiale. Serge Eldestenne, PDG, n'avait pas caché son inquiétude lors de la présentation de ses résultats. "Je serais fou de joie" si le groupe "terminait 2009 en année nulle", c'est-à-dire avec autant de commandes que d'annulations de Falcon, avait-il expliqué, en ajoutant avoir le sentiment que ce "sera pire que ça".

Et le Rafale n'a pas encore décroché de contrats à l'export. La Suisse vient d'ailleurs de repousser sa décision sur l'achat ou non de Rafale à décembre, au lieu de juillet. Une autre mauvaise nouvelle.

La CGT craint que Dassault Aviation n'annonce des "mesures plus drastiques", comme des suppressions de postes. Pour l'heure, il n'en est rien, les discussions entre partenaires sociaux et direction reprendront le 22 avril.