Areva T&D dans le giron d'Alstom-Schneider

CV avec AFP

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L'Etat a opté pour la candidature tricolore d'

Alstom et Schneider
dans le cadre de la vente de la division Transmission et Distribution (T&D) du groupe nucléaire Areva, alors que cette offre était aussi la plus critiquée pour ses conséquences économiques et sociales.

Cette cession se fera pour la somme de 4,090 milliards d’euros, a précisé Areva dans un communiqué.

Areva avait reçu le 9 novembre

trois offres fermes
d'achat venues des français
Alstom
-Schneider, de l'américain
General Electric
et du japonais Toshiba. La patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, opposée à la vente de cette division très rentable, avait dû s'y résoudre,
sur pression de l'Etat
, dans le but de financer les coûteux projets de développement de son groupe. Areva a besoin de 9 milliards d'euros d'ici à 2012.

Offres "voisines"

C'est donc l'offre tricolore, donnée favorite depuis le début de l'appel d'offres, qui l'a emporté, sans surprise.

Dans un communiqué publié lundi soir, le ministère de l'Economie s'est félicité d'une procédure qualifiée d'"ouverte et transparente" qui "a permis de disposer de trois offres fermes de très grande qualité". Selon le quotidien Les Echos, le japonais Toshiba "dont l’offre financière était supérieure", envisage pourtant d'ores et déjà "de déposer un recours auprès du Conseil d’Etat".

Les offres étaient "voisines" et proches de 4 milliards d'euros, a précisé Areva dans son communiqué. Le groupe nucléaire avait acheté T&D à Alstom en 2004 pour quelque 900 millions d'euros.

Critiques syndicales

"La cession effective d'Areva T&D devrait ainsi intervenir en 2010", indique le ministère de l'Economie.

L'offre de reprise d'Alstom et Schneider était la plus critiquée par les syndicats et le management d'Areva T&D qui craignaient les conséquences économiques et sociales du démantèlement de leur division. Les deux groupes industriels ont en effet prévu de se partager T&D, Alstom récupérant les activités haute tension et Schneider la moyenne tension.

Dans un courrier adressé aux dirigeants d'Areva début novembre, 41 cadres dirigeants d'Areva T&D estimaient qu'une cession aux deux français "conduirait à une perte de marché, et au risque de cessions d'actifs ou de restructurations de sites industriels".

Engagement de 3 ans

Les syndicats craignaient que des sites industriels de T&D ne fassent doublon avec des sites de Schneider Electric, obligeant ce dernier à procéder à des licenciements. Le ministère de l'Economie souligne au contraire que l'offre des deux français est "apparue la mieux-disante" au regard du "respect des intérêts patrimoniaux d'Areva" et du "développement de l'outil industriel et de l'emploi".

Selon le communiqué d'Areva, l'offre tricolore "contient un engagement de maintien de tous les sites européens pendant 3 ans". "Alstom et Schneider se sont aussi engagés à proposer à tous les collaborateurs en Europe un emploi équivalent dans le même bassin d’emploi, maintenant qualification, ancienneté et rémunération", ajoute le communiqué. "Enfin, les acheteurs s’engagent aussi à ce qu’il n’y ait aucun plan de départs collectifs autre que volontaires, sauf dégradation significative des conditions économiques", est-il précisé.

Areva T&D fournit des systèmes et services destinés à la transmission et la distribution d'électricité, emploie 31.000 des 75.000 employés d'Areva et réalise 40% des ventes du groupe.