Le fraudeur Robert Stanford met les banques latino-américaines sur les nerfs

E24 avec AFP

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La fraude présumée du

milliardaire américain Robert Allen Stanford
a provoqué la nervosité des clients de filiales de sa banque dans plusieurs pays latino-américains, comme le Venezuela, le Pérou, Panama et la Colombie, poussant les autorités à intervenir. A la suite de l'annonce cette semaine du gel de ses actifs par la justice américaine, qui soupçonne le milliardaire d'avoir orchestré une fraude de 8 milliards de dollars centrée sur une filiale basée à Antigua, et d'une fraude annexe de 1,2 milliard de dollars, nombre de clients de la région, pris de panique, se sont empressés de retirer leur argent.

Le groupe Stanford Bank International (SIB), présent dans 140 pays, bénéficie d'une abondante clientèle en Amérique latine et dans les Caraïbes. Au Venezuela, chez Stanford Bank Venezuela S.A., Banco Comercial, les retraits d'argent "ont provoqué une situation extrêmement précaire pour cette banque, obligeant les autorités (...) à prendre la décision de la prise de contrôle, suivie de la vente immédiate de cette banque", a expliqué jeudi 19 février le ministre des Finances, Ali Rodriguez. Le ministre a tenu à préciser que cette décision était totalement étrangère à la situation financière vénézuélienne, qu'il a qualifiée de "stable".

Mercredi 18 février, le superintendant des banques du Venezuela, Edgar Hernandez, a recommandé aux Vénézuéliens ayant des devises chez Stanford Bank de Antigua, de les rapatrier dans le pays. Selon la presse locale, entre 2,3 et 3 milliards de dollars appartenant à des Vénézuéliens seraient placés chez SIB à Antigua. Au Pérou, jeudi, la Commission nationale publique de supervision des entreprises et des valeurs (Conasev) a décidé la suspension pour 30 jours des activités de Stanford Group Perú, qui opère en tant qu'intermédiaire à la Bourse de Lima. Cette mesure "préventive", a précisé la Conasev, "n'exempte pas Stanford de remplir ses engagements auprès de ses clients et les obligations assumées sur le marché des valeurs". A Quito, les activités de la maison de courtage Stanford Group Casa de Valores ont également été suspendues mercredi pour une période 30 jours par les autorités financières.

En Colombie, une agence de courtage en Bourse et le bureau de représentation d'une banque liées à Stanford, ont suspendu leurs activités de leur propre chef. La Super intendance des banques à Bogota a annoncé avoir pris des mesures en vue de "protéger les clients et les investisseurs" et "préserver la confiance sur le marché des valeurs". La Super intendance des banques du Panama a, elle, ordonné "la prise de contrôle administratif et des opérations" de la filiale du groupe Stanford arguant que "les actions prises par les autorités régulatrices et judiciaires" des Etats-Unis "affectaient directement l'unique actionnaire de la banque au Panama, ainsi que les autres entreprises liées" à Robert Stanford.

Exception notable, les autorités mexicaines ont indiqué que la filiale locale de SIB n'avait fait l'objet "d'aucune intervention ni d'aucune mesure de fermeture", et que les comptes n'avaient pas été gelés. Elles ont ajouté n'avoir découvert jusqu'ici aucune trace de lien éventuel avec un cartel de la drogue mexicain, évoqué par la télévision américaine ABC.

Le FBI (police fédérale américaine) a indiqué jeudi soir avoir localisé Allen Stanford aux Etats-Unis, mais a précisé qu'aucun mandat d'arrêt n'avait été émis contre lui, la procédure le concernant étant civile et non pénale. Les fraudes présumées de Stanford sont les plus importantes révélées aux Etats-Unis depuis l'arrestation en décembre du financier new-yorkais

Bernard Madoff
, accusé d'avoir organisé une escroquerie pyramidale qui pourrait atteindre 50 milliards de dollars.