Le moral des ménages remonte

D.H. avec AFP

— 

Le moral des Français a poursuivi sa remontée au mois de juin "tout en restant à un niveau bas" car les ménages restent très préoccupés par le chômage, en pleine explosion, a annoncé vendredi 26 juin l'Insee. Le moral des ménages s'est établi à -37 points en données corrigées des variations saisonnières. Le solde le mesurant avait atteint un plancher historique en juillet dernier à -48 points, puis était remonté à -43 en février, à -42 en mars, -40 en avril et en mai, selon les enquêtes de l'Insee.

Plus optimistes

En juin, l’opinion des ménages sur l’évolution passée et future de leur situation financière personnelle s’est améliorée (les soldes passant respectivement de -28 et -16 en mai à -23 et -13 en juin). Les ménages sont aussi plus optimistes sur l’évolution future du niveau de vie en France (le solde passant de -50 à -47). Ils sont également plus nombreux à penser que le niveau de vie en France a augmenté au cours des douze derniers mois. Le solde sur l’opportunité de faire des achats importants progresse aussi légèrement en juin.

Chômage inquiétant

En revanche, les ménages sont de nouveau plus pessimistes concernant l’évolution du chômage. Le solde des réponses à cette question atteint 96 points, après 89 points en mai. "Ce solde est représentatif d'inquiétudes extrêmement élevées à l'égard du chômage", a souligné Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas. "Sachant que (...) le maximum que l’on puisse avoir est 100, cela suggère qu’il s’agit d’une des principales préoccupations des ménages et que cela devrait avoir un impact négatif sur leur comportement en magasin, en particulier à la fin de l’été", commente Alexander Law, chez Xerfi.

Ralenti du chômage

Les inscriptions au chômage ont encore nettement progressé en mai mais à un rythme ralenti comparé aux mois précédents. "La dégradation de l'emploi devrait se poursuivre pendant plusieurs trimestres, car même une reprise graduelle de l'activité ne se traduirait pas par un repli immédiat du chômage", a toutefois prévenu la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. La ministre redoute même des plans sociaux importants "pour l'été et la sortie de l'été".

Moment d'épargner

L'opinion des ménages sur leur situation financière actuelle reste inchangée en juin. La proportion de ménages estimant que le moment est opportun pour épargner augmente légèrement. La part de ceux estimant être capables d’épargner dans les prochains mois croît également. "Les ménages, dont la visibilité conjoncturelle est quasi nulle, préfèrent mettre un peu plus d’argent de côté pour parer à d’éventuels coups durs", souligne Alexander Law.

Peu d'inflation

Enfin, les ménages ont le sentiment que les prix au cours des mois passés ont peu augmenté et qu’ils devraient de nouveau peu augmenter dans les mois à venir. Malgré des perspectives "très défavorables sur le marché du travail", le "repli marqué de l'inflation permettra d'éviter une contraction de la consommation privée, qui pourrait progresser de 0,5% cette année", prédit en conséquence Mme Cerisier.