CGPME: "Cela correspond à nos attentes"

Propos recueillis par Elsa Meyer

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E24: Quelle est votre réaction, quelques minutes après les annonces de Nicolas Sarkozy pour aider les petites et moyennes entreprises (PME)?

Jean-Eudes du Mesnil du Buisson : Ces annonces sont très positives, nous sommes satisfaits. Le plan du président est équilibré entre d'un côté un allégement de la fiscalité, fondamental pour les PME, et de l'autre un renforcement des fonds propres de nos entreprises. Nicolas Sarkozy a aussi proposé quelque chose d'opérationnel et de réactif: cela correspond tout à fait à nos attentes.

En outre, le fait que le chef de l'Etat fasse une annonce de cette importance à un forum de la CGPME est aussi une victoire sur le plan symbolique.

Pensez-vous que ces aides permettront aux PME de sortir de la situation économique difficile dans laquelle elles se trouvent depuis un an ?

Les propositions de Nicolas Sarkozy ne feront pas de miracles. La clé de sortie de crise pour les PME est le carnet de commandes et depuis un an nos entreprises souffrent beaucoup à ce niveau là. Dans le transport routier par exemple, les défaillances de sociétés ont augmenté de 145% en un an, c'est énorme.

La situation s'améliore un peu cependant, notamment au niveau des circuits bancaires, mais on est quand même loin de la situation d'avant-crise.

Sur cette question des circuits bancaires, avez-vous le sentiment que les banques font plus d'efforts pour les PME?

Les crédits à l'investissement sont plus faciles à obtenir. En ce qui concerne la trésorerie, en revanche, la situation ne s'améliore pas.

Les banques restent très réticentes pour financer les frais d'exploitation des PME. Il faut que cela change car nous sommes dans un partenariat avec elles: sans banque, pas d'entreprises, et sans entreprise pas de banques.

Nous attendons plus de transparence: les établissements bancaires doivent publier leurs refus de prêts aux entreprises.

Les PME représentent plus de 95% des entreprises
françaises et 65% de la masse salariale. Avez-vous le sentiment d'être suffisamment pris en compte par rapport à votre poids économique?

Aujourd'hui, nous avons eu cette impression: trois ministres et un président de la République se sont déplacés. Mais c'est vrai que de temps en temps, nous avons quand même le sentiment que les grandes entreprises ont davantage l'oreille des pouvoirs publics et ce n'est pas normal.