L'heure du remboursement est arrivé pour les banques américaines

D.H. avec AFP

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L'heure du remboursement a sonné. "Des autorisations de remboursement pour un premier ensemble de ces holdings bancaires devraient être annoncées dans la semaine du 8 juin", a indiqué lundi 2 juin la banque centrale américaine dans un communiqué, en ajoutant que d'autres candidatures "seront évaluées périodiquement ensuite".

Souhait de rembourser

Ces 19 établissements ont reçu des fonds publics, sous forme d'actions préférentielles achetées par le Trésor, dans le cadre du plan de stabilisation du système financier voté par le Congrès en octobre. Ils ont ensuite été soumis à des tests de résistance dont les résultats ont été publiés début mai. Ceux-ci avaient révélé que neuf banques étaient suffisamment capitalisées pour traverser sans encombre la crise économique, même en cas de dégradation supplémentaire de la conjoncture. Ces neuf banques ont largement fait part de leur souhait de rembourser l'Etat, l'aide publique étant attachée à un certain nombre d'obligations pour elles, notamment en matière de rémunération de leurs dirigeants.

"Tout établissement bancaire souhaitant racheter le capital du Trésor des Etats-Unis doit d'abord obtenir l'approbation de son autorité de régulation fédérale, qui fait ensuite suivre les candidatures au département du Trésor", a indiqué la Fed. Celle-ci a rappelé les critères pour donner cette autorisation, supposant entre autres que chaque banque "continue à remplir son rôle d'intermédiaire qui facilite le prêt aux ménages et entreprises solvables".

Critères pour rembourser

Les autres critères concernent le maintien de leur ratio de fonds propres au dessus des limites règlementaires, la poursuite de l'activité de leurs filiales, le respect de leurs obligations vis-à-vis de leurs contreparties, et le maintien d'un niveau "solide et prudent" de capitaux à long terme au regard de leur profil de risque.

Les neuf établissements qui avaient été jugés bien capitalisés à l'issue des tests de résistance sont American Express, BB&T, Bank of New York Mellon, CapitalOne, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, MetLife, State Street et US Bancorp. A l'exception de Metlife, un groupe essentiellement actif dans l'assurance-vie qui n'était pas demandeur, ils ont reçu entre 2 milliards (State Street) et 25 milliards de dollars (JPMorgan Chase).

Augmentation de capital

JPMorgan a d'ailleurs annoncé jeudi une augmentation de capital de 5 milliards de dollars destinée à rembourser cette somme. American Express, qui a reçu 3,4 milliards de dollars, a fait de même, souhaitant lever 500 millions de dollars. De son côté, Bank of America, la première banque américaine par les actifs, a affirmé mardi avoir renforcé ses fonds propres de presque 33 milliards de dollars. Soit pratiquement le montant (33,9 milliards) que lui avait réclamé le régulateur à l'issue de son "test de résistance".

Enfin, la banque américaine Morgan Stanley a annoncé mardi avoir levé 2,2 milliards de dollars sur le marché, via une augmentation de capital annoncée moins de deux heures auparavant. L'établissement a vendu environ 80,2 millions d'actions ordinaires au prix de 27,44 dollars, ce qui représente une décote de 8,2% par rapport au cours de 29,89 dollars auquel le titre de Morgan Stanley a clôturé lundi soir à la Bourse de New York. Le fonds souverain chinois China Investment Corporation a acheté à lui seul plus de la moitié des titres proposés (44,7 millions d'actions), tandis que la banque japonaise Mitsubishi UFJ Financial en acquérait 10,6 millions, a précisé Morgan Stanley dans un communiqué.

De grandes banques ayant été jugées insuffisamment capitalisées à l'issue des tests de résistance, et ayant depuis levé les fonds nécessaires pour satisfaire les exigences publiques, ont également affirmé leur volonté de rembourser l'Etat. De plus petites banques ont remboursé l'Etat depuis mars, pour un total de 1,8 milliard de dollars sur les 199,3 milliards investis au total. Elles sont seulement au nombre de 16, sur les plus de 600 qui ont participé au "programme d'achat de capital". La plus grande d'entre elles est à ce jour une banque régionale du Minnesota (nord), qui a racheté 361 millions de dollars de ses actions préférentielles en avril.