Assemblé générale houleuse chez Daimler

G. G. avec AFP

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Le patron de Daimler, Dieter Zetsche, a vécu une assemblée générale d'actionnaire mouvementée. Interrompu à de nombreuses reprises par des actionnaires mécontents, le PDG a dû admettre qu'il s'attendait à des résultats "nettement négatif" au premier trimestre.

Mais, devant plus de 6.000 actionnaires, il n'a pas voulu donner la moindre prévision chiffrée pour l'ensemble de l'année compte tenu du contexte trop incertain. Il s'est contenté d'indiqué qu'il table sur une reprise "au plus tôt dans la deuxième moitié de 2009". Il a aussi confirmé que le chiffre d'affaires de toutes les divisions automobiles (voitures haut-de-gamme Mercedes-Benz, bus et camions) allait être "nettement" inférieur à celui de l'an passé.

Par ailleurs, Daimler a récemment décidé de renforcer son programme de réduction de coûts pour limiter les pertes. Au total, "plusieurs milliards d'euros" seront économisés cette année, a promis Dieter Zetsche à ses actionnaires. Et, si la crise perdure, il ne faut pas "exclure des licenciements", a-t-il averti. Des négociations sont en cours avec les représentants du personnel et devraient aboutir fin avril.

Dans ce contexte, Dieter Zetsche a dû faire face à la fronde d'actionnaires. Certains d'entre eux, regroupés dans l'association des "actionnaires critiques" (KAD), exigent une division par trois de son salaire. Selon la KAD, Daimler a réagi trop tard à la chute des ventes.

En plus d'actionnaires mécontents, le patron de Daimler était la cible d'un groupe de salariés portant un masque à son effigie et un tee-shirt sur lequel était inscrit "sacrifiés de Daimler". Ces derniers exprimaient leur colère face aux efforts demandés aux salariés, notamment en termes de salaires.

Autre sujet épineux abordé: Chrysler. Daimler, qui détient toujours 19,9% dans son ancienne filiale filiale américaine, négocie avec le nouveau propriétaire, le fonds Cerberus, pour sortir du capital. Mais les négociations sont "difficiles", a admis Dieter Zetsche, qui juge toujours "injustifiées" les exigences du fonds, notamment en termes de prix.