Thomson en procédure de sauvegarde

CV avec AFP

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Le groupe français de technologie pour les médias Thomson a obtenu lundi du tribunal de commerce l'ouverture d'une procédure de sauvegarde, qui lui permet de poursuivre son activité tout en arrêtant momentanément de rembourser ses créanciers.

Grâce à cette procédure,

le groupe, dont le titre avait été suspendu lundi à la Bourse de Paris
, compte forcer ses créanciers à se prononcer sur le plan de restructuration de sa dette proposé en juillet. Menée par le tribunal de commerce de Nanterre, cette procédure concerne la holding Thomson SA mais pas ses filiales, selon un communiqué. La fin de cette procédure est attendue pour février 2010.

Seule arme

"C'était le seul moyen juridique qui existe qui nous permet d'identifier et d'obliger nos créditeurs à se présenter et à voter" pour ou contre le plan de restructuration de la dette, a expliqué lors d'une conférence téléphonique le PDG Frédéric Rose. "Nous avons essayé pendant quatre mois une méthode consensuelle et nous sommes arrivés à la conclusion que cette approche ne pouvait pas fonctionner", a-t-il raconté.

Thomson a notamment été handicapé par le fait que l'un de ses principaux créanciers, la Deutsche Bank, à qui il doit environ 400 millions d'euros, ait revendu aux enchères cette dette à divers créanciers qui ne sont toujours pas clairement identifiés.

Deux tiers des votes

La procédure de sauvegarde, qui "n'est pas liée à un plan social" ni à "aucun problème de liquidités" selon M. Rose, permet de "geler les créanciers à une date certaine": Thomson leur soumettra le 5 décembre son plan de sauvegarde et ils seront invités à se prononcer les 21 et 22 décembre.

Thomson a besoin des deux tiers des votes pour faire approuver son plan. En cas de rejet, il demandera "au tribunal le 23 décembre d'imposer un plan de sauvegarde comme le prévoit la loi". "Dans les deux cas, la société n'aura aucun problème opérationnel", a assuré le PDG.

M. Rose s'est dit "raisonnablement confiant" dans le vote des créanciers, car pour eux, "(le premier) plan sera plus attractif que le plan qui serait imposé par le tribunal". Ceci doit permettre au groupe de "conclure la renégociation de notre dette", selon M. Rose.

AG le 27 janvier

Puis les actionnaires seront conviés à une assemblée générale extraordinaire le 27 janvier, qui sera aussi l'occasion d'adopter un nouveau nom pour le groupe, pour repartir sur de nouvelles bases.

Thomson, endetté à hauteur de 2,17 milliards d'euros au 30 septembre, avait été sauvé de la faillite cet été grâce à un accord avec ses créanciers. Depuis le début de l'année, son activité a été fortement perturbée par les négociations sur sa dette: il avait prévenu fin janvier qu'il n'était plus en mesure de respecter ses obligations financières vis-à-vis de ses créanciers.

Ces derniers étaient donc en droit d'exiger immédiatement le remboursement de la dette, mais lui ont accordé plusieurs sursis au fil des mois.

Descente aux enfers

La descente aux enfers du groupe, premier fabricant de téléviseurs dans les années 1990, ne date pas d'aujourd'hui. Déjà en 1996, l'Etat avait dû venir à sa rescousse, après avoir envisagé un temps de le céder au sud-coréen Daewoo pour un franc symbolique.

Après une courte embellie, Thomson ne parvient pas à convaincre quand il décide de quitter l'électronique grand public pour se reconvertir dans les métiers de l'image, une opération qui s'avère très coûteuse.

Les salariés paient aussi un lourd tribut. Ils ne sont plus aujourd'hui que 23.000 contre 64.000 il y a sept ans.