Dévalorisation du bac

CV avec AFP
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 Gagner sa vie avec seulement un baccalauréat en poche débouche sur une    rémunération tendant à se rapprocher de celle des titulaires de CAP ou BEP,    voire à être inférieure par rapport à certains CAP ou BEP demandés dans    l'industrie, indique une étude publiée ce mercredi par l'Insee. C'est    logique dans la mesure où un CAP et un BEP préparent à exercer une    profession. Le bac, lui, ouvre la porte d'études supérieures qui préparent à    entrer dans un secteur professionnel.  

 Mais cela signifie aussi que le bac n'est plus suffisant. Alors que les deux    tiers des jeunes sortis récemment de formation initiale possèdent le    baccalauréat, les données de l'Insee accréditent en effet l'idée d'un    déclassement ou d'une dévalorisation du baccalauréat",    soulignent les auteurs.  

 En 2007, le salaire mensuel net médian des jeunes ayant cessé les études au    baccalauréat étaient de 1.170 euros, celui des titulaires de CAP ou BEP de    1.110 euros et celui des jeunes peu diplômés de 1.060 euros, ajoutent-ils.    Le salaire médian signifie que 50% des bacheliers gagnaient moins de 1.170    euros et 50% gagnaient plus. Le Smic était à l'époque d'environ 1.000 euros.  

 "Le niveau des salaires et des emplois dépend moins qu'autrefois du    niveau de diplôme en début de vie active, mais il varie sensiblement selon    la spécialité de formation (...) Ainsi les jeunes qui possèdent un    baccalauréat dans les services ont un salaire médian (1.100 euros) inférieur    à celui des titulaires de CAP ou BEP en production (1.200 euros)",    poursuivent les auteurs.  

 L'étude est réalisée avec la Dares (service statistiques du ministère de    l'Emploi), la DEPP (direction de l'évaluation) et le Céreq (Centre d'études    et de recherches sur les qualifications).  

 "Parmi les diplômés de l'enseignement supérieur court et les bacheliers    sortis de formation initiale au début des années 1990, certains peinent    encore en 2007 à trouver des emplois qualifiés" (cadres,    professions intermédiaires), poursuit l'étude.  

 "La proportion d'emplois non qualifiés a fortement progressé chez les    jeunes bacheliers, passant de 11% à 29% entre 1990 et 1997",    note-t-elle, relevant que "à niveau de formation donné, toutes les    générations occupent des emplois moins qualifiés en 2007 qu'en 1983",    une dégradation datant des années 1990.