Payer pour déjeuner à l'Elysée

D.H. avec agence

— 

Les conseillers du président Nicolas Sarkozy devront désormais payer 8 euros pour le service de leur plateau repas du déjeuner. L'époque, où les déjeuners des membres du cabinet étaient gratuits à l'Elysée, est révolue.

"Depuis la révolution jusqu'en 2008, que ce soit sous les rois, empereurs ou présidents, il n'y a jamais eu de contrôle des dépenses au palais", a déclaré Christian Frémont, directeur du cabinet de Nicolas Sarkozy à l'agence Bloomberg. "Nous devons être exemplaires", a-t-il ajouté.

Les réductions de dépenses emblématiques de l'Elysée ne s'arrêtent pas là. Désormais, les dîners d'Etat ne dépasseront pas les 78 euros par personne (vins compris), ce qui est bien moins cher que de nombreux tarifs de restaurants parisiens.

Les journalistes vont également "en pâtir". Dans les vols avec le président, il sera dorénavant servi aux journalistes une coupe de champagne Piper Heidsieck à 30 euros la bouteille en remplacement du champagne Laurent Perrier Grand Siècle (156 euros).

Le budget de l'Elysée en 2009, selon Christian Frémont, est de 112,7 millions d'euros. En 2008, elles étaient de 112,6 millions. Ce montant comprend toutes les dépenses, dont la sécurité, les frais de personnel, de voyage et de bouche.

Le député PS René Dosière a contesté fin 2008 dans son rapport annuel sur les dépenses de la présidence cette faible augmentation annoncée par l'Elysée. Selon lui, le budget de l'Elysée a augmenté de 11,45% entre 2008 et 2009 passant de 100,80 millions d'euros à 112,33 millions d'euros. Il condamnait déjà de fortes augmentations des dépenses de l'Elysée entre 2007 et 2008, notamment la dotation de Nicolas Sarkozy.

Selon Bloomberg, sur le budget 2009 de l'Elysée, 15,5 millions d'euros seront consacrés aux voyages à l'étranger, 4,6 millions aux voyages en France, 6 millions aux communications, 4,7 millions à la maintenance et aux réceptions et 70 millions aux frais de personnel. Nicolas Sarkozy dispose également d'un fonds qu'il peut utiliser à discrétion de 2,5 millions d'euros.

"Les dépenses de l'Elysée sont passées d'un niveau royal à un niveau princier", estime René Dosière, député PS et auteur en 2007 de L'argent caché de l'Elysée. "C'est un bon début", commente-t-il.

A titre de comparaison, à la cantine de la Maison Blanche, même le président Obama est un client. L'Allemagne, plus grande économie d'Europe, dépense 76 millions d'euros pour la Chancellerie fédérale (hors coût de voyage) et le palais Moncloa du premier ministre espagnol coûte 69,5 millions d'euros par an.