L'Ukraine bloque les livraisons de gaz russe à l'Europe

E24 avec AFP

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Enième et nouveau rebondissement dans la crise du gaz. Quelques heures seulement après avoir annoncé la réouverture partielle des vannes approvisionnant l'Europe, Moscou a subitement annoncé que tout était remis en cause, et Kiev a confirmé dans la foulée.

L'Ukraine a admis mardi 13 janvier bloquer le gaz russe destiné à l'Europe. "Le gaz russe destiné à l'Europe ne passe pas par le système ukrainien de gazoducs à cause de conditions de transit inacceptables imposées par Gazprom", a déclaré Valentin Zemlianski, le porte-parole de la société publique ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz. Selon le Premier ministre urkainien, Ioulia Timochenko, qui a eu au téléphone le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, président en exercice de l'UE, il s'agirait de la faiblesse de la pression du gaz envoyé par la Russie qui aurait justifié le blocage.

"Dans la matinée, Gazprom a commencé à réaliser le plan de rétablissement des livraisons de gaz à l'Europe. L'Ukraine a bloqué toutes nos actions en vue du transit du gaz vers l'Europe", a déclaré Alexandre Medvedev, le numéro deux de la société gazière russe Gazprom, cité mardi 13 janvier par l'agence Itar-Tass. "Dans ces conditions, nous n'avons pas la possibilité physique d'assurer le transit de gaz à travers le territoire de l'Ukraine", a-t-il ajouté.

A Bruxelles, où l'on s'était dans un premier temps prudemment réjoui de l'annonce de la reprise du transit, la Commission européenne a rapidement dû admettre que rien n'était réglé, en dépit des efforts intenses fournis par les Européens une grande partie de la semaine dernière. "L'information que nous avons de nos observateurs est que très peu ou pas du tout de gaz transite actuellement", a déclaré une porte-parole de la Commission devant la presse. "La situation est de toute évidence très sérieuse et a besoin d'être améliorée rapidement", a-t-elle ajouté.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé mardi le Premier ministre russe Vladimir Poutine pour lui faire part de la "déception de l'UE" face aux faibles niveaux de gaz en transit vers l'Europe, a indiqué un collaborateur de M. Barroso.

La Commission européenne a également estimé mardi que les experts européens chargés de vérifier le transit du gaz russe n'avaient pu avoir pleinement accès aux stations qu'ils sont censés contrôler en Ukraine et en Russie. "La situation est inacceptable", a jugé un autre porte-parole de la Commission. "Il n'y a plus d'excuse" pour empêcher un retour à des livraisons totales de gaz russe à l'Europe, a-t-il dit.