Société Générale: le bénéfice net s'effondre au troisième trimestre

Jocelyn Jovène

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Société Générale a terminé le troisième trimestre 2008, clos fin septembre, sur un résultat net légèrement positif de 183 millions d'euros, comme annoncé le 13 octobre dernier.

Au cours du trimestre écoulé, son produit net bancaire a diminué de 5%, en grande partie à cause des activités de banque de financement et d'investissement (BFI). L'activité de ce métier a chuté de 44%, à la suite d'une série de faillites d'établissements bancaires et de la dislocation des marchés financiers. Ses frais de gestion ayant augmenté dans le même temps, la rentabilité de la banque en a souffert.

Les effets de la crise

A fin septembre, la rentabilité des fonds propres du groupe Société Générale est tombée à 1,7%, alors qu'elle était de 18% un an plus tôt.

La banque de la Défense continue de faire les frais de la crise financière. Au cours du trimestre, celle-ci s'est traduite par 1,2 milliard d'euros de dépréciations dans les revenus et résultats de la banque. Depuis le début de l'année, le coût du "subprime" pour Société Générale s'élève à 2,05 milliards d'euros, atténué par une plus-value de 602 millions d'euros sur la cession de la filiale de courtage Fimat.

Cette situation a lourdement pesé sur le cours de Bourse de la Société Générale. La baisse du titre s'est amplifiée au cours du mois d'octobre en raison de spéculations à répétition sur la nécessité pour la banque d'être recapitalisée ou sur de nouvelles pertes de "trading", liées à la forte volatilité des marchés financiers. Des rumeurs démenties à plusieurs reprises par la banque. Et à nouveau démenties ce lundi 3 novembre par Frédéric Oudéa, le directeur général de la banque, au cours d'une conférence de presse.

Se muscler avant 2009

Le dirigeant a reconnu une situation "chaotique" sur les marchés récemment, mais a assuré que la banque avait poursuivi son activité de "gestion prudente du risque". "L'activité de banque de financement et d'investissement aura un revenu positif au cours du mois d'octobre", a assuré Frédéric Oudéa.

"La banque gère au plus près les risques. En 2008, on se muscle pour rentrer en 2009 avec un groupe le plus solide possible, avec un bon équilibre entre pays développés et pays émergents, et entre activités de banque de détail et de BFI", a-t-il ajouté.

A fin septembre, le ratio de solvabilité prudentiel "Tier 1" s'élevait à 8,5%. Une fois pris en compte les 1,7 milliard d'euros de titres hybrides obtenus auprès du gouvernement français, qui devraient être mis à disposition dans le courant du quatrième trimestre, ce ratio sera porté à 9%.

"Nous n'avons pas besoin de renforcer nos fonds propres durs, car nous sommes une entreprise en bonne santé. L'accès aux titres de dette subordonnée auprès du gouvernement français nous permet de continuer à prêter avec confort à l'économie", a précisé Frédéric Oudéa. En contrepartie de cet apport, Société Générale s'est engagée à accroître de 4% son encours de crédit à l'économie.

Croissance organique et acquisitions ciblées

La banque entend ainsi disposer d'une situation bilantielle suffisamment solide pour traverser une conjoncture plus difficile, mais également pour réaliser des acquisitions, a indiqué son directeur général. "Notre modèle reste fondé sur de la croissance organique et des acquisitions de taille petite et moyenne. Nous sommes convaincu du potentiel de croissance organique dans les années à venir, a déclaré Frédéric Oudéa. Mais les prix ne vont pas beaucoup augmenter dans les mois qui viennent. Nous serons donc sélectifs dans nos acquisitions, à condition que celles-ci ne nous détournent pas des développements en cours en interne, notamment en termes de synergies entre lignes d'activité."

A 10h35, lundi 3 novembre, l'action Société Générale gagnait 2,00% à 43,02 euros, dans un marché parisien en hausse de 0,79%. Le titre affiche toutefois un repli de 39% au cours du mois écoulé, ramenant la capitalisation boursière de la banque à 24,9 milliards d'euros.