Agents immobiliers, ces mal-aimés

Guillaume Guichard
— 

 La mauvaise réputation, pour les agents immobiliers, c'est structurel. Près de    68% des Français en ont une mauvaise opinion, contre 66% en 2008, selon le    sondage Guy Hoquet-IFOP présentée jeudi 25 juin. D'autres métiers dépendant    de cette activité ont aussi vu leur image se dégrader, comme les promoteurs    immobiliers qui culminent à 84% d'opinion négative (+3 points).  

 "Cette dégradation sur un an est due à la    crise qui touche le secteur", a analysé Frédéric Micheau, directeur    des études à l'IFOP lors de la présentation du sondage. "Le    marché est devenu confus, illisible pour les clients, ce qui se répercute    sur les agents immobiliers". En effet, 65% des personnes interrogées    trouvent qu'il est plus difficile qu'avant de trouver un bien correspondant    à leurs attentes, contre 58% en 2008.  

 Les agents immobiliers rencontrent de fait plus de difficulté à conseiller les    clients. "Les vendeurs ne s'aperçoivent pas qu'ils ne pourront pas    vendre au prix souhaité et dans le même temps, les acquéreurs n'obtiennent    pas non plus l'affaire au rabais à laquelle ils s'attendent à cause d'une    vision déformée du marché à la baisse", a expliqué    Hubert Koch, directeur général de Guy Hoquet.  

 Vieux démons 

 L'insatisfaction des clients n'est pas seulement à mettre sur le dos des    mécontents. Les agents immobiliers ont leur part de responsabilité, car,    avec la crise, les vieux démons ressortent. "Au niveau des    acquéreurs, on peut reprocher aux agents immobiliers d'être trop    commerciaux, de trop pousser à la vente", a reconnu Guy Hoquet,    fondateur du réseau du même nom. "Nous vivons une période    difficile, certains ont des problèmes de trésorerie et peuvent faire    l'erreur de pousser les clients afin de remplir leur objectif de chiffre    d'affaires".  

 Faire du chiffre plutôt que favoriser le conseil au client? Un mauvais calcul,    alors que 40% seulement des Français trouvent que les agents immobiliers ne    sont pas suffisamment proches des clients (contre 42% en 2008). Guy Hoquet    se veut cependant positif: "avec la crise, nous nous attendions à pire".