Les fonctionnaires négocient leurs salaires

D.H. avec AFP

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La négociation annuelle sur les salaires des fonctionnaires jeudi matin au ministère des Finances devrait s'effectuer dans un climat alourdi par la disparition du secrétariat d'Etat à la fonction publique et le projet de loi sur la mobilité, selon des sources syndicales. "Nous aimerions qu'il s'agisse d'une vraie négociation mais pour le ministre cela semble être juste un rendez-vous annuel de politique salariale", a déclaré Brigitte Jumel, secrétaire générale des fonctionnaires CFDT.

Grève début juillet?

"Je ne serai pas surpris qu'il y ait une interruption de séance", ajouté Brigitte Jumel, qui ne s'attend pas pour autant à un mouvement de grève début juillet, évoqué par FO, qui pèse, comme la CFDT, environ 17% des voix dans l'ensemble des trois fonctions publiques. La fédération des fonctionnaires FO a appelé mercredi à une grève début juillet pour obtenir le retrait de plusieurs articles du projet de loi sur la mobilité, qui entraîne selon le syndicat la possibilité du "licenciement de fonctionnaires". FO veut "organiser des assemblées générales des personnels pour expliquer les dangers que porte ce projet de loi".

Possibilité du licenciement de fonctionnaires

"Ce rendez-vous salarial a lieu d'habitude au printemps, ce n'est pas un hasard s'il a lieu à la fin juin cette année", comme ce fut déjà le cas en 2008, a déclaré le secrétaire général de l'union générale des fonctionnaires CGT Jean-Marc Canon. "Mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de grève à la fin juin ou en juillet qu'il n'y en aura pas à la rentrée", a ajouté Jean-Marc Canon.

Secrétariat d'Etat à la Fonction publique disparu

Par ailleurs, la disparition du secrétariat d'Etat à la Fonction publique, à l'occasion du remaniement ministériel mardi, a suscité mercredi la préoccupation de la plupart des syndicats de fonctionnaires, qui soulignent que c'est la première fois depuis 1958. La FSU a exprimé "sa plus vive inquiétude face à la situation ainsi créée en catimini", tandis que l'Union syndicale Solidaires dénonce "une vision idéologique de la politique" qui "se traduit notamment par les lois et réorganisations programmées (comme la loi sur la mobilité) oeuvrant au dynamitage de la Fonction publique".