TF1 rajeunit enfin son site internet

Guillaume Guichard

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Tout neuf, tout beau, tout propre. Doté d'un design rappelant les applications d'Apple -particulièrement le menu déroulant en 3D d'iTunes- le site TF1.fr a été mis en ligne jeudi 16 avril. Il était temps: la conception de la précédente version remontait au début des années 2000. Un vieux site, donc, qui drainait entre 5 et 6 millions de visiteurs uniques par jour. A comparer aux 37 millions de téléspectateurs de la chaîne.

La nouvelle version du site doit donc permettre à TF1 de conquérir des parts de marché sur le web. Mais aucun objectif chiffré n'a été dévoilé. Tout juste Olivier Abecassis, directeur général adjoint Nouveaux Médias, reconnaît-il que TF1.fr vise à terme "un bassin potentiel de 10 à 12 millions d'internautes", mais qu'il serait "déjà content d'atteindre 5-6 millions de visiteurs uniques rapidement".

Une prudence de bon aloi lorsqu'il s'agit d'internet. Car, pour TF1, la bataille n'est pas gagnée. Il semble même que la première chaîne soit en retard sur certains points. En lançant aujourd'hui sa "catch up TV", c'est-à-dire la diffusion sur internet des programmes télévisés après diffusion, elle réagit en effet avec un an de retard par rapport à M6, qui avait lancé M6 Replay début 2008.

Toujours est-il que le nouveau TF1.fr se doit d'illustrer la stratégie web de la chaîne du groupe Bouygues. "Il s'agit de mettre un nouvel écran à la disposition des téléspectateurs", a réexpliqué Nonce Paolini lors de la présentation du nouveau site. Un nouvel écran, donc un nouveau débouché pour diffuser les contenus de la chaîne. Et les monétiser.

Logiquement, la chaîne a donc mis l'accent sur la vidéo en ligne -"la reine de l'internet", a assuré Arnaud Bosom, directeur Nouveaux médias. Au programme, une offre adaptée au web -c'est-à-dire des formats courts- constituée de zapping, d'inédits et de best of des programmes télés.

Reste à monétiser ces contenus. Pour cela, TF1 veut jouer la carte qualité, ce qui suppose une petite révolution dans la mesure d'audience en ligne. "Jusqu'à maintenant, on vendait l'audience au kilo lorsqu'il s'agissait de vidéo en ligne", a expliqué Olivier Abecassis. En d'autres termes, "les audiences vidéos étaient monétisées comme n'importe quel contenu internet, c'est-à-dire en nombre de pages vues".

Pour rompre avec cette logique, TF1 vante d'abord un contenu professionnel, mieux perçu par les annonceurs que les contenus créés par les internautes, comme sur YouTube. Ensuite, TF1 a annoncé qu'elle "profilera" ses internautes à partir du second semestre 2009, grâce à de nouveaux types de mesures de Mediamétrie-eStat. Un moyen de vendre aux annonceurs une audience de meilleure qualité... et donc plus chère.

Cela suffira-t-il à augmenter le chiffre d'affaires Nouveaux médias de TF1? "Avec 60 millions d'euros en 2008, cette activité demeure minime au regard du groupe (2,6 milliards d'euros, ndlr)", rappelle un analyste. Chez TF1 non plus, internet n'est pas encore prêt à prendre la relève.