Sombre 2ème trimestre pour les sociétés américaines

J. Bx avec agence

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Alors que la saison des résultats américains commencera le mercredi 8 juillet prochain avec le producteur d'aluminium Alcoa, les sociétés du S&P 500 devraient continuer à afficher un net repli de leurs bénéfices par rapport à la même période de l'an dernier. Les entreprises américaines, grâce aux réductions de coûts, pourraient malgré tout surprendre favorablement les investisseurs.

Selon les données compilées par Standard&Poor's et Bloomberg, la chute des profits des sociétés de l'indice S&P 500 pourrait atteindre 34% en glissement annuel au deuxième trimestre, après un plongeon de 60% lors des trois premiers mois de 2009. En cause, le montée rapide du chômage, qui tend à rendre les consommateurs plus attentistes et pèse donc sur l'activité des entreprises. Le taux de chômage a atteint au mois de juin son plus haut niveau en 26 ans aux Etats-Unis.

La plupart des sociétés américaines ont très tôt réduit leurs coûts pour maintenir au mieux leur rentabilité. Ces ajustements de capacité ont d'ailleurs permis à un certain nombre d'entreprises du S&P 500 de surprendre le marché. Prêt de 67% des sociétés du S&P 500 ont ainsi atteint le haut de la fourchette de prévisions des analystes au premier trimestre, après prise en compte des réductions de capacité et d'effectifs, selon les données de Bloomberg.

Pour l'instant, ces performances, dans un contexte de relative moindre dégradation des indicateurs macroéconomiques, ont permis à l'indice S&P 500 de grimper de 15% sur le deuxième trimestre. Mais cette stratégie a des limites. "Ce n'est pas soutenable. S'il n'y a pas de perspective de croissance, ce sera dur de maintenir l'enthousiasme jusqu'au quatrième trimestre", explique à Bloomberg Walter Hellwig, de Morgan Asset Management.

Selon les donnés compilées par Bloomberg, la baisse des profits des entreprises pourraient s'établir à 21% au troisième trimestre. Un ralentissement dû essentiellement à un effet de bases de comparaisons plus favorables, qui devrait d'ailleurs jouer à plein en fin d'année.

Selon le scénario généralement admis par les marchés, la reprise de l'économie au quatrième trimestre, couplée à une base de comparaison favorable devrait en fin d'année conduire l'évolution des résultats des entreprises américaines en territoire positif. Mais pour cela il faudra que les signes de reprise dépassent le stade des statistiques officielles et que les consommateurs américains recommencent à dépenser.