Etats-Unis: croissance revue à la baisse

E.M. avec AFP

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La croissance du produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis au troisième trimestre a été revue en baisse à 2,8% en rythme annuel par rapport au deuxième trimestre, a indiqué mardi le département du Commerce américain.

Cette révision du PIB par rapport au trimestre précédent est conforme aux attentes des analystes. Elle confirme que les Etats-Unis sont sortis pendant l'été de leur récession la plus longue depuis la crise des années 1930, mais un peu moins en force que ce qui avait été annoncé précédemment (+3,5%).

Forte progression

La révision des chiffres du PIB ne change pas le fait que la croissance estivale a été la plus forte progression de l'activité constatée depuis le troisième trimestre 2007, marqué par l'explosion de la bulle de crédits immobiliers à risques américains qui allait précipiter le monde dans la crise.

La reprise de l'activité a mis fin à quatre trimestres consécutifs de recul du PIB. Elle se poursuit au quatrième trimestre et devrait continuer en 2010 à un rythme "modéré", selon l'expression du président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke.

Les nouveaux chiffres du département du Commerce confirment que la hausse de la consommation des ménages pendant l'été (+2,9%) a été le moteur de la croissance du pays. Celle-ci a cependant été moins forte qu'annoncée initialement (+3,4%). Elle a apporté 2,07 points de croissance au pays.

Baisse de la confiance

Nombre d'économistes estiment cependant que la consommation risque fort de baisser sur l'ensemble du quatrième trimestre, du fait de la chute de la confiance des consommateurs face à la montée continuelle du chômage, et car les dépenses de l'été ont été gonflées par la "prime à la casse".

Le ministère précise d'ailleurs que la seule production d'automobiles a contribué à la croissance à hauteur de 1,45 point au troisième trimestre (contre 0,19 au deuxième).

Reprise de l'investissement

Les chiffres du ministère témoignent également d'une reprise de l'investissement après sept trimestres consécutifs de baisse. Mais la hausse a été moins forte qu'annoncée fin octobre (+8,4%, contre +11,5%).

Le rapport montre que le bond de l'investissement des ménages dans le logement (après trois ans et demi de recul) n'a été que de 19,5%, et non 23,4%. La hausse de l'investissement des ménages a effacé la baisse de celui des entreprises, qui a finalement ralenti un peu moins fort que ce qui avait été annoncé, à 4,1% (contre 9,6% au printemps).

Le commerce extérieur à la peine

Le seul grand poste du PIB ayant freiné la croissance est le commerce extérieur, dont l'effet négatif a été revu en hausse : il a fait perdre 0,83 point de croissance au pays, les importations ayant progressé plus fortement que les exportations.

La baisse des déstockages des entreprises (comptabilisée comme un investissement) a finalement été un peu moins forte, et a apporté apporté 0,87 point de croissance.

Les dépenses de l'Etat et des collectivités locales, ont finalement moins ralenti qu'annoncé fin octobre pour apporter 0,63 point de croissance au pays.