Récession: l'Allemagne, ce cas extrême

D.H. avec AFP

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Du jamais vu depuis 1970. L'Allemagne s'est encore enfoncée dans la récession au premier trimestre 2009, affichant un recul plus fort que prévu de 3,8% de son produit intérieur brut comparé au trimestre précédent, selon un chiffre provisoire dévoilé vendredi 15 mai par l'office des statistiques (Destatis). "Le PIB a ainsi reculé pour la quatrième fois d'affilée et a affiché au premier trimestre son plus fort recul depuis le début de la publication des données trimestrielles en 1970", a indiqué l'Office fédéral dans un communiqué. Les économistes attendaient un recul de 3,2% de trimestre à trimestre, selon un consensus diffusé par l'agence Dow Jones Newswires. En zone euro, le recul est de 2,5% et la baisse n'a atteint "que" 1,2% en France, entrée officiellement en récession alors que l'Allemagne y est déjà engluée depuis l'automne. 2009 s'annonce catastrophique pour les Allemands.

Effondrement des exportations

Au quatrième trimestre 2008, le PIB de la première économie européenne avait reculé de 2,2%, selon un chiffre en données corrigées des variations saisonnières et calendaires, révisé en légère baisse. Sur un an, le PIB de la première économie européenne s'est contracté de 6,9% en données corrigées des variations calendaires, après un repli de 1,8% sur les trois derniers mois de 2008.

Le FMI s'attend à une contraction du PIB allemand de 5,6% en 2009. Les récents pronostics publiés par le gouvernement allemand et les grands instituts de conjoncture du pays tablent eux sur une contraction comprise entre 5,4 et 6% cette année. Contrairement au FMI, le gouvernement de Berlin pense que le pays retrouvera progressivement le chemin de la croissance pour afficher une hausse évaluée à 0,5% de son PIB en 2010.

Pas de retour à la croissance avant mi-2010

"Je n'attends pas de taux de croissance positifs pour l'Allemagne avant la deuxième moitié de l'année prochaine" (...), a déclaré le président de la Bundesbank Axel Weber, considéré aussi comme un membre influent de la Banque centrale européenne (BCE) selon le texte d'un discours tenu à Munich (sud de l'Allemagne) le 12 mai dernier.

La première économie européenne, qui a fondé sa prospérité sur ses ventes à l'étranger, est durement frappée par le ralentissement de la demande mondiale. "Les entreprises n'ont pas encore digéré le choc des exportations", a-t-il dit.

Et même si les récents indices de confiance, comme le climat des affaires Ifo, ou encore la remontée pour la première fois depuis six mois des entrées de commande industrielles en mars sont des signes encourageants, il n'y a pour le moment "encore aucune évidence d'une stabilisation ou bien d'un rétablissement de l'économie allemande", a-t-il jugé.