Royaume-Uni: les perspectives revues à la baisse par S&P

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Cela sonne comme un avertissement lancé au Royaume-Uni par l'agence de notation Standard & Poor's: soit le pays remet de l'ordre dans ses finances, soit sa note de crédit, qui conditionne son accès aux marchés de la dette publique, sera abaissée.

Le sauvetage de son système bancaire et la récession pèsent lourdement sur les perspectives financières du Royaume-Uni. Standard & Poor's, l'une des principales agences de notation, a décidé d'abaisser de "stables" à "négatives" les perspectives du pays, une annonce qui peut être un préalable à un abaissement de la note du pays dans les mois à venir, et qui serait synonyme d'affaiblissement de la livre sterling et d'augmentation de la charge d'intérêt pour la dette de l'Union Jack. Pour l'instant, l'agence réaffirme les notes "AAA" de long terme et "A-1+" de court terme pour la dette du pays, mais la décision de S&P crée l'émoi.

A Londres l'indice boursier Footsie perdait 2,4%, jeudi après-midi, tandis que la livre sterling cédait du terrain face au dollar.

Pour S&P, cette annonce est justifiée par le dérapage des comptes publics britanniques. L'agence estime que le taux d'endettement public du pays devrait s'approcher des 100% du PIB et pourrait rester à ce niveau quelques temps. Dans un communiqué de presse , l'agence de notation s'interroge sur la vitesse à laquelle le gouvernement britannique sera capable d'inverser le dérapage de ses comptes publics.

L'agence évalue entre 100 et 145 milliards de livres sterling (114 à 165 milliards d'euros) le coût du sauvetage du système bancaire national, "soit entre 7% et 10% du PIB estimé pour 2009". De nombreuses banques britanniques ont fait l'objet de nationalisations ou d'aides massives du gouvernement – sous forme de garanties de leur dette ou d'injection de capital – suite à l'intensification de la crise financière en septembre 2008 et à l'éclatement de la bulle immobilière dans le pays. Une politique qui a entraîné une hausse massive de l'endettement public. Si rien n'est fait, S&P estime que la dette publique pourrait doubler et approcher 100% du PIB en 2013. En janvier, l'agence de notation estimait à 83% le taux d'endettement public du pays en 2013, contre 49% en 2008.

"Notre notation pourrait être abaissée si nous concluons que, après les élections, les plans de réduction de la dette du prochain gouvernement ne sont pas en mesure de ramener le pays vers une trajectoire de désendettement à moyen terme", avertit S&P. Pour retrouver des "perspectives stables", selon le jargon de l'agence, le Royaume-Uni doit retrouver des finances publiques plus saines qu'elles ne le sont actuellement.