Cathay Pacific fait de la place aux classes économiques

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Cathay Pacific, la compagnie aérienne de Hong-Kong, est redevenue profitable au cours du premier semestre de l'exercice, avec un bénéfice de 812 millions de dollars de Hong-Kong, soit environ 73 millions d'euros, contre une perte de 760 millions de dollars HK un an plus tôt. Une performance qui doit notamment aux couvertures pétrole mises en place par le groupe, qui était déficitaire en 2008.

Hors effets des couvertures pétrole, la compagnie aurait enregistré une perte d'exploitation de 765 millions de dollars HK. Cathay Pacific est toujours fortement affectée par la récession économique, avec un chiffre d'affaires qui a chuté de 27,1% durant la période.

Cathay et Singapore Airlines dépendent en grande partie d'une fréquentation élevée des classes affaires sur leurs lignes. Avec les coupures budgétaires dans les entreprises, elles sont fortement impactées lorsque la conjoncture est moins favorable.

Cathay a donc décidé de réallouer une partie des sièges jusqu'ici dévolus aux hommes d'affaires et les attribuer à la classe économie. La compagnie a également supprimé certaines lignes, réduit ses capacités et a retardé les livraisons de certains avions.

"Nous devrons opérer des changements fondamentaux à notre activité si la demande pour les sièges en classe affaire et en première classe ne se redresse pas", a averti Tony Tyler, le directeur général de Cathay Pacific, au cours d'un entretien sur la chaîne Bloomberg TV. Une décision qui permettrait d'adapter la structure de coûts à l'évolution du chiffre d'affaires.

La compagnie Qantas Airways a indiqué qu'elle envisageait elle aussi de retirer des sièges dans les classes affaires et première classe. Le trafic sur ces catégories de sièges a chuté de 21% au cours des 5 premiers mois de l'année, selon les données de l'association internationale du transport aérien (IATA).

Ces déclarations montrent à quel point les compagnies aériennes manque toujours de visibilité sur un éventuel rebond de leur activité. En juin, le trafic aérien mondial a décliné de 7,2%, selon l'IATA. "La demande de vols internationaux est très faible", soulignait l'association, fin juillet.

"L'industrie aérienne mondiale a été lourdement pénalisée par l'envolée du baril de brut en 2008. Elle doit maintenant faire face à la plus sévère récession de la demande de son histoire", a souligné Christopher Pratt, le président de Cathay Pacific. "Il y a des signes de stabilisation de la demande, mais la reprise durable n'est pas encore en vue", a-t-il ajouté.