Économie

Les assureurs aériens accusent leurs plus grosses pertes depuis 2001

Avec les crashs d'avions survenus en juin, les assureurs aériens sont sur le point d'enregistrer un record de pertes depuis septembre 2001.

Les coûts pour indemniser les familles des victimes des crashs du vol AF447 au large du Brésil et du vol Yemenia Airways dans l'océan Indien vont faire du mois de juin 2009 le second mois le plus cher depuis septembre 2001 pour les assureurs, affirme le plus important courtier en assurance Aon Corp. dans un communiqué de presse. Le record dans le domaine reste celui des attentats du 11 septembre 2001, rappelle Aon sans en préciser le montant.

Pilule difficile à avaler

Les taux d'assurance pourraient exploser cette année après ces derniers accidents dramatiques. "Avec des pertes aussi importantes et qui dépassent déjà la moyenne d'une année pleine, l'industrie doit s'attendre à voir les primes d'assurance croître significativement", explique Aon. "Ce sera une pilule difficile à avaler" pour les compagnies aériennes, déclare le courtier.

Le total des demandes d'indemnisations pour 2009 pourrait excéder les 2,2 milliards de dollars, ce qui serait supérieur de 57% à la moyenne annuelle calculée sur le long-terme qui est de 1,4 milliard de dollars, selon Aon. L'estimation des 2,2 milliards de dollars se base sur des coûts au second semestre 2009 qui seraient dans la normale.

Crash à 600 millions de dollars

Le crash du vol Air France KLM qui a fait 228 victimes le 1e juin pourrait être le plus couteux depuis 2001, quand un vol American Airlines s'était écrasé dans le Queens à New-York, tuant 265 personnes et coûtant près de 600 millions de dollars, selon Stephen Riley, directeur exécutif de Global Aerospace Underwriting Managers Ltd., qui détient 7,5 % de la couverture du vol Air France.

Revenus estimés des voyageurs

Axa est le principal assureur du vol AF447, qui est également couvert par Allianz et AIG. Global Aerospace est soutenu par des réassureurs dont Munich Re, Berkshire Hathaway Inc. de Warren Buffetf et Tokio Marine Holding Inc. Les coûts des crashs reposent en partie sur les revenus estimés qu'auraient perçus les voyageurs au cours de leurs vies et sur d'éventuelles négligences de la compagnie aérienne.

Ace Ltd, l'assureur principal du vol Yemenia Airways qui s'est abîmé en mer le 30 juin dernier avec 153 personnes à son bord et dont une survivante a été retrouvée, se refuse à tout commentaire. La compagnie Yemenia a cependant annoncé qu'elle allait effectuer un premier versement de 20.000 euros par victime.