La plus haute tour du monde s'élève en pleine crise

Guillaume Guichard avec agences

— 

Malgré la crise, elle monte toujours. Emaar, le plus gros promoteur immobilier du Moyen-Orient, achèvera la plus haute tour du monde, la Burj Dubai, en 2009. Conformément aux prévisions. Pour cela, les actionnaires vont devoir se serrer la ceinture: Emaar ne versera pas de dividende au titre de l'exercice 2008, a-t-il annoncé mercredi 29 avril.

Car la société émiratie ne se porte pas au mieux. Elle a essuyé une perte de 481 millions de dollars au quatrième trimestre. Emaar a dû revoir à la baisse la valeur de ses propriétés aux Etats-Unis à cause de la chute des prix de l'immobilier. "La crise de liquidité a sévèrement affecté le secteur immobilier autour du monde et aux Emirats arabes unis", explique Emaar dans son rapport annuel 2008.

Sur son marché local, la situation est en effet difficile. Le marché immobilier, florissant jusqu'à il y a quelques années, s'est totalement retourné. Les prix ont ainsi dégringolé de 41% au premier trimestre 2009 par rapport au quatrième trimestre 2008 et ont retrouvé aujourd'hui des niveaux de début 2007, d'après le cabinet Colliers International cité par The Economist.

Emaar n'est pas celui qui s'en sort le plus mal. Son concurrent dubaiote Nakheel, qui voulait construire un tour encore plus grande que la Burj Dubai, a finalement reporté le projet sine die. Ce n'est pas une décision isolée: les promoteurs immobiliers du pays ont suspendu pour 335 milliards de dollars de projets immobiliers dans la ville-Etat, selon les calculs du Middle East Economic Digest.

"Par ces temps difficiles, la diversification de nos activités et l'expansion géographique restent au centre de notre stratégie", assure Emaar. Le groupe est actif en Inde, en Turquie, au Moyen-Orient et au Maroc. Mais le principal atout du groupe immobilier reste son actionnaire principal: l'émirat de Dubai lui-même, via le fonds souverain Investment Corporation of Dubai.