Le déficit de la Sécu prévu à 20,1 milliards en 2009

T.V avec AFP

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La Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) évalue à 20,1 milliards d'euros le déficit 2009 du régime général (salariés), soit le double de l'an dernier (-10,2 milliards d'euros). La branche maladie sera la plus déficitaire (-9,4 milliards d'euros), devant la branche retraites (-7,7 milliards). La branche famille affichera un déficit de 2,6 milliards, tandis que la branche AT-MP (accidents du travail) aura un léger déficit de 0,3 milliard.

Baisse historique de la masse salariale

La Sécurité sociale est en effet privée d'une partie de ses recettes qui reposent principalement sur les cotisations assises sur les salaires (soit 57% de ses recettes). La masse salariale du secteur privé devrait diminuer en 2009 dans des proportions jamais vues depuis la création de la Sécurité sociale à la Libération.

Au premier trimestre, la masse salariale, sur laquelle les Urssaf prélèvent les cotisations, s'est contractée de 2,2%, au lieu de stagner comme attendu par l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). Dans un document de cadrage économique le 8 juin, le gouvernement retient comme hypothèse pour construire son budget Sécu que la masse salariale reculera de 1,25% en 2009 (-0,5% en 2010). Fin 2007, le rythme annuel d'évolution de la masse salariale atteignait encore +4,5%. Il avait ralenti au fil de l'année 2008 (+2,7%). A ce stade, personne ne peut conclure que l'hypothèse gouvernementale est inatteignable, le 1er trimestre pouvant être un accident de parcours, mais il existe des hypothèses plus pessimistes.

Or, la baisse d'un point de pourcentage de la masse salariale équivaut à deux milliards d'euros de recettes perdues par la Sécu. Selon les séries statistiques Insee, la masse salariale n'a jamais baissé depuis 1949, à l'exception d'un trimestre pour fait de grève en 1968.

"Effectivement, il y a de mauvais résultats sur le déficit de la Sécurité sociale", a déclaré la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot sur France Info. "Ce dérapage de la Sécurité sociale n'est pas dû à un dérapage des dépenses, mais, et c'est bien compréhensible, à un dérapage des recettes qui est lié à la crise", a-t-elle ajouté. "Ce que je note, c'est que notre organisation de protection sociale, notre protection sociale solidaire, a joué parfaitement son rôle d'amortisseur social pour les plus démunis, pour les plus défavorisés", a-t-elle poursuivi.