La finance gagne moins, la Sécu aussi

Thibaud Vadjoux

— 

Moins de bonus pour les traders et les banquiers, c'est aussi moins de rentrées pour les comptes de la Sécurité sociale. Les bonus des traders, assujettis aux cotisations sociales, sont traditionnellement versés au premier trimestre. Mais la masse salariale du personnel des salles de marchés a plongé de 30% sur cette période alors que leurs primes pouvaient atteindre jusqu'à 25 mois de salaires. Une cagnotte en moins pour la Sécu dont le déficit devrait doubler en 2009 (plus de 20 milliards d'euros).

Plus globalement, le moindre versement des primes est visible dans le secteur de la finance et de l'assurance où la masse salariale a reculé de 7% au premier trimestre 2009, amputé très fortement par des réductions de salaires (-7,1% du salaire mensuel par tête soit en moyenne un salaire de 3.284 euros), plus que par des baisses d'effectif (-0,1% de l'emploi au premier trimestre), note l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) qui assure la gestion de la Sécu (lire les statistiques de juin de l'Acoss).

Au premier trimestre, la masse salariale du secteur financier représentait 6,1% (7,3 milliards d'euros) du total de la masse salariale (118 milliards).

Baisse de l'emploi et des salaires

Tous secteurs confondus, la masse salariale a reculé de 2,2% sur les trois premiers mois de l'année, un niveau jamais observé en France, en dehors des mois de grève de 1968. En cause: la dégradation générale de l'emploi, surtout dans l'intérim (-20% d'emploi au premier trimestre soi 285.000 salariés) et la baisse du salaire mensuel par tête payé par les entreprise: - 1,3% au premier trimestre 2009 par rapport au premier trimestre 2008.

Selon l'Acoss, la baisse des cotisations sociales est aussi liée "à la diminution des heures supplémentaires et à une hausse du chômage partiel dans d’autres secteurs comme l’automobile". L'indemnité de chômage partiel, à la différence du salaire, est exonérée de cotisations patronales (mais pas de la CSG) ce qui fait perdre beaucoup de recettes à la Sécu. Au 1er trimestre, 183.000 personnes ont connu du chômage partiel en raison de la crise.