Un "Pacte mondial pour l'emploi"

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Face à la crise et au cortège toujours plus long de chômeurs, pas de solution toute faite, pas de plan à appliquer uniformément dans tous les pays. L'idée défendue par Juan Somavia, le secrétaire général de l'Organisation mondiale du travail, est plutôt de proposer aux gouvernements un "portefeuille d'options" devant leur permettre de remédier au cas par cas. Car la situation est grave et comporte de "grands risques pour la stabilité sociale et politique de la planète".

Mais pas question "de crier au loup" ni de "déclarer victoire trop vite", tempère Juan Somavia. Le directeur du BIT (lequel sert de secrétariat à l'OIT) espère bien à terme faire signer aux 183 membres de l'organisation son "Pacte mondial pour l'emploi" qui tend à mettre la lutte contre le chômage au centre des gigantesques plans de relance.

Car l'urgence est là, ne cesse-t-il de clamer. Selon les prévisions les plus sombres de l'organisation, le nombre de chômeurs dans le monde devrait effectuer un bond inégalé en 2009, avec 39 à 59 millions de sans-emploi de plus qu'en 2007.

Sur la base d'une contraction de l'économie mondiale de 1,3% prévue par le Fonds monétaire international (FMI), l'organisation table désormais sur un record absolu de 210 à 239 millions de chômeurs sur la planète pour l'année, soit un taux de chômage compris entre 6,8 et 7,4%.

Les jeunes, les travailleurs pauvres, les femmes et les actifs de l'économie informelle particulièrement importante dans les pays les plus défavorisés devraient en être les premières victimes, s'alarme le BIT insistant sur le risque de créer une poudrière sociale.